Une jeune cheffe d'orchestre enjouée, approchant de la quarantaine, décide, pour conjurer cette étape de existence, d'inviter à un dîner les hommes qui ont marqué sa vie sentimentale. Les intéressés ne doivent pas être accompagnés et elle doit les en convaincre. Pour ces préparatifs, elle expose son projet mentalement à l'un d'entre eux, décédé, un chef d'orchestre suisse très réputé, qui avait l'âge de son grand-père, comme également beaucoup de charisme et d'expertise. Ce roman constitue ainsi une sorte de longue lettre à ce dernier, Maximilian.
L'organisation de ce dîner lui sert de bilan d'étape, où elle se remémore son parcours amoureux avec les trois hommes qui ont compté. L'idée originelle reste étrange, mais originale ; pourquoi pas, après tout ; mais elle vire vite à une forme coquette de voyeurisme, l'air de rien, dressé de manière détournée et psychologisante. Je ne vous cache pas que cela m'a mis mal à l'aise, alors que le concept paraissait déjà déconcertant à la base : j'avais saisi que cette lecture dériverait vers une intrusion intime, au moins dans les émois intérieurs de la narratrice. Ça n'a rien d'outrancier, mais le procédé me semble un peu limite.