Il y a vraisemblablement toujours eu des "petits cons" pour remettre en question l'ordre établi le plus souvent face à un monde en décrépitude. C'est justement une Russie au pic de sa décrépitude que l'on nous montre puisque l'histoire se passe dans les années 1850 avant l'abolition du servage. C'est à cette Russie qu'appartient Bazarov, le personnage que l'on suit le plus dans le récit et à mon sens le véritable personnage principal. Ce jeune médecin est un nihiliste, il ne croit en rien et s'y tient fermement. Si au début son ami et admirateur Arcade le soutient dans sa doctrine et son mode de vie Bazarov se retrouve rapidement terriblement seul lorsque font irruption l'amour et les responsabilités dans leurs vies. J'ai adoré ce personnage, ce jeune homme sûr de lui et en même temps si perdu, dépassé par l'ampleur de ce qu'il remet en question. Ses échecs amoureux et sa mort tragique sont magnifiques d'autant plus que sur bien des points je me suis identifié à ce personnage .
Finalement ce que je retiens c'est peut-être un aspect politique du livre. Celui d'un jeune membre de l'intelligencia, seul face au système de la vieille Russie, pas noble, armé de son seul nihilisme incapable de réellement palier la situation. Sa fin est belle et le bonnheur affiché par les autres personnage paraît bien fade voire révoltant tant on est triste d'avoir vu s'éteindre un jeune homme au départ si flamboyant. D'ailleurs, je pense que l'auteur donne plutôt raison à Bazarov non pas dans le récit mais dans la forme, puisque les personnages agissent avec une forme de honte, n'osant même pas porter un toast à sa mémoire. De même la fin du récit est assez mélancolique.
Bref, Bazarov je t'aime, toi qui était si seul face à la Russie et à ses vieilles idées.