Tout le monde commande Catherine. Sa patronne la surnomme la petite sale. Elle est bonne dernière dans l'ordre des considérations, après la boue, après les porcs. Monsieur se fait vieux, mais garde ses mains rapaces et son droit de cuissage.Puis, un jour, Sylvie, quatre ans, la petite-fille de Monsieur, disparaît. La lettre arrive avec le courrier : une seule feuille, écrite en lettres noires. Une demande de rançon. Il y a tant de gens qui pourraient lui en vouloir : tous ceux qu'il épuise, qu'il méprise.Le roman, qui se déroule dans une atmosphère glaciale et oppressante, se compose de deux parties.Dans la première louise Mey décrit avec réalisme cette vallée entièrement sous la coupe d'un puissant propriétaire terrien. le lecteur a l'impression d'être transporté au Moyen Âge, à l'époque du servage : des paysans corvéables à merci en bas, et, en haut, dans son petit château, le seigneur qui donne et reprend à sa guise. L'auteur dresse en miroir le portrait de Catherine, servante soumise, humiliée, invisible aux yeux de ses patrons, et celui d'Augustin Demest, être odieux qui possède non seulement les terres, mais aussi, symboliquement, une bonne partie des habitants du village, dépendants de lui pour leur travail et donc leur survie.Dans la seconde partie , après la disparition de Sylvie, l'enquête avance trop lentement à mon goût. On ne retrouve pas la même puissance narrative que dans la première partie. Il manque quelques rebondissements pour vraiment relancer l'intrigue, laissant une impression de stagnation.En résumé, La petite sale reste un roman agréable à lire, entre chronique sociale et enquête policière.