Une jeune fille au pair est accueillie dans la famille de Francine du Plessix, dans le Connecticut. A quelques mètres de la maison, vit Philip Roth. Les relations entre l’écrivain et Francine sont plus que tendues, pour évoluer vers une brouille éternelle.
Le lecteur est donc convié à l’histoire de ce voisinage épineux, et l’on comprend qu’il puisse y avoir des tensions, quand on apprend à connaître , via le témoignage d’Esther la jeune française, la personnalité hautement pénible de Francine, et le caractère bien particulier de l’auteur qui n’a jamais eu son Nobel.
Francine est une snob, qui se glorifie de connaître Philip Roth, avec une colossale finesse, ne perdant aucune occasion de signifier leurs liens.
Quant à Philip Roth, on ne peut pas dire qu’il ressort grandi de ce portrait de prédateur sexuel tel qu’il est suggéré dans le texte.
La construction du roman est un peu perturbante. Les chapitres alternent le témoignage à la première personne d’Esther, d’abord lors de son séjour au air, puis quarante ans plus tard, lorsqu’elle revient enquêter sur le sujet qui l’obsède, mais aussi l’histoire contée par un narrateur omniscient. Cela crée un décalage dans la narration, qui est assez dérangeant. Certes le narrateur complète les données fournies par la jeune fille mais ce processus crée une faille entre les deux fils narratifs qui m’a un peu déstabilisée .
Un portrait au vitriol de deux personnages centraux, incompatibles, et pourtant attirés l’un vers l’autre, Francine comme un papillon vers l alumière et Philip, affamé de conquêtes :
Son arme était la célébrité
Les manigances de Francine, la dénonciation anonyme d’une relation extra conjugale de l’auteur, sont suffisantes pour comprendre l’inimitié qui les séparait.
Intéressant sur le fond, une restriction sur le précédé littéraire , qui m’a empêchée de totalement me fondre dans le récit.