Première rencontre avec Jo Nesbø, écrivain norvégien qui fait partie du clan des faiseurs de polars scandinaves. "Police" est le dixième tome de la série qu'il consacre à son enquêteur, l'inspecteur Harry Hole, un être plutôt fracassé par la vie et son métier, à ce qu'il semblerait.
Bien que ce thriller fasse partie d'une série, j'ai pu le lire indépendamment sans problème. Au programme : vengeance, assassinats de flics, intrigues, trahisons, apparences trompeuses, violences extrêmes et tortures. En résumé, on est très loin d'Hercule Poirot !
J'ai eu envie de découvrir Jo Nesbø parce que j'ai séjourné à Oslo et en Norvège en août dernier et je me représente bien l'atmosphère de la capitale, ainsi que celle de Bergen et de leurs environs. de ce point de vue, j'ai été très déçue mais, soyons honnête, Jo Nesbø n'est pas là non plus pour écrire un guide touristique.
Je dirais que ce polar tient globalement ses promesses, dans la mesure où les pages (nombreuses !) se tournent vite et où les personnages (nombreux !) se croisent et s'entrecroisent dans une tension permanente. La course contre la montre qui consiste à capturer un mystérieux vengeur qui assassine des flics impliqués dans des enquêtes de cold cases non élucidés s'articule plutôt bien avec les enjeux plus personnels de Harry Hole et son équipe.
L'édition Gallimard (coll. Folio) m'a navrée par le nombre jamais vu de coquilles et de fautes de syntaxe qui a rendu ma lecture pénible.
Enfin, si je devais donner une justification à ma note mitigée, j'affirmerais que trop de cliffhanger tue le cliffhanger. Ce procédé narratif cher aux scénaristes, qui permet de changer de chapitre abruptement en boostant le suspense - ou d'intercaler une page de pub - est très efficace si on n'en abuse pas. Or, Jo Nesbø en raffole littéralement et en use à l'envi. du coup, en ce qui me concerne, ça a produit l'effet inverse de celui recherché : au fil de ma lecture, je ne me fiais plus à la crédibilité d'aucune situation, ni d'aucun personnage et j'ai vu arriver avec de très gros sabots le grand final sensé jouer l'ambiguïté mais totalement transparent pour moi. du coup, le dénouement est tombé à plat.
Côté style, rien de très brillant. Beaucoup de paragraphes inutiles que j'aurais bien taillés aux ciseaux. le crescendo du dernier tiers du roman a pour effet d'éparpiller l'action, les personnages, et tout s'imbrique si vite que le lecteur renonce à comprendre ou à faire des liens mais se laisse seulement porter par un fleuve en furie.
Dommage de constater que ce qui me restera de ma lecture ne soit qu'une impression de violence débridée donnant la nausée. Je ne suis pas certaine de recroiser la route de Harry Hole.