C'est avant tout sa narration qui fait sortir ce premier roman du lot, puisqu'il est écrit au futur et à la 2e personne du pluriel (vouvoiement) : "Vous irez sonner chez eux un mercredi"... Ce procédé inhabituel aurait donc dû faciliter l'identification avec l'héroïne, puisqu'on s'adresse à elle autant qu'à nous... La lecture est en effet assez addictive, on se prend au jeu. Mais on se sent quand même bien vite mis.e de côté puisqu'il est évident que l'héroïne possède des clés que l'on n'a pas. Elle est guidée par des instructions étranges (notamment verser discrètement de l'eau dans une fente du parquet à l'entrée de l'appartement où elle est employée...), ses desseins sont mystérieux et semblent vite menaçants, on comprend que son protocole lui est dicté par une organisation au projet ambitieux, mais lequel ?? Cela m'a d'abord fait penser à Chanson douce, de Leïla Slimani, puis au film Parasite... Mais quand enfin les choses s'enclenchent pour de bon et s'éclairent peu à peu, j'ai été assez déçue, ok c'est assez grandiose (mais ça reste malheureusement assez confus !), mais ça m'a paru quand même un peu tiré par les cheveux et surtout pour quel but final ? c'est assez peu développé (et je développerai encore moins ici pour ne pas spoiler), je suis restée sur ma faim. Original oui, mais aurait à mon avis pu être bien mieux exploité, j'achève cette lecture avec un petit goût de "tout ça pour ça". Dommage !