Il y a quelque chose de vraiment tragique à voir la pensée à notre époque se faire rattraper par la machine idéologique. Au point qu'il semble aujourd'hui totalement vain d'espérer qu'elle soit autre chose qu'une extension du champ politique, c'est-à-dire au fond d'un champ religieux archaïque transformé et réactivé par la techno-structure et le mythe délirant du rationalisme à prétention scientifique qui nous mène à la catastrophe. René Girard l'avait bien compris quand il disait : "... Toutes les idéologies modernes sont d'immenses machines à justifier et à légitimer même et surtout les conflits qui de nos jours pourraient bien mettre fin à l'existence de l'humanité." Il avait également bien perçu aussi le poison qui les alimente : ce rationalisme monstrueux qui tord le cou à la raison et finit par se faire mettre au pas ou tout bonnement liquider par les ayatollahs de tout poil, partisans du retour à l'âge de pierre.

Un entretien de Lordon et Lucbert dans On s'autorise à penser (Le Média) dit bien de quel fond désastreux surgit Pulsion. "La psychanalyse a mauvaise presse à gauche. Non seulement parce que sa théorie analytique, depuis Freud jusqu'à Lacan, est un tantinet phallocentrée, voire phallocratique, voire peut-être misogyne, mais aussi parce que nombre de psychanalystes se sont illustrés ces dernières décennies par leur participation enthousiaste à des combats particulièrement réactionnaires, de la transphobie à l'opposition au mouvement décolonial, jusque, bien sûr, à l'opposition au mariage entre personnes du même sexe, toujours au nom d'un supposé "ordre symbolique" sur lequel reposerait la société tout entière." Ce lancement par l'animateur, sur lequel ne reviennent ni Lordon ni Lucbert, mérite qu'on s'y arrête. Ce "fond" est même précisé par Lucbert dans la foulée, qui considère que la psychanalyse a disparu du fait : 1) de la psychanalyse elle-même (les héritiers de Lacan se sont enfermés dans un verrouillage dogmatico-hermétique et sont devenus une vieille secte au service de l'ordre répressif symbolique ; 2) d'une offensive de la psychiatrie américaine, avec son paradigme de la "santé mentale", puissamment néo-libéral (c'est-à-dire pervers, c'est moi qui rajoute), qui consiste à répertorier de plus en plus de maladies pour en même temps liquider l'institution en charge de les soigner et la remplacer par une panoplie de solutions addictives qui obéissent toutes à la même visée de rentabilité commerciale.

Lucbert ajoute ceci dans son point 1 : "L'appareil conceptuel de Lacan est assez merveilleux mais (...) il a fini par devenir une matraque politique (...) les freudiens se sont contentés de persister dans le pédiluve (sic) de la castration et de l'Œdipe (...) en considérant, contre toutes les infirmations autour d'eux, qu'il s'agissait là de coordonnées universelles de l'existence humaine, et pas d'une imaginarisation patriarcale de celle-ci (...) On peut dire que la psychanalyse s'est chargée elle-même de se cramer". Son diagnostic est faux. Si la psychanalyse est "morte", ça n'est pas, comme elle le dit, du fait d'une sclérose interne (ce qui ne relève pas d'ailleurs d'une critique déplacée ou exagérée, tout au contraire). Réflexe devenu quasiment naturel à gauche, elle confond la cause et la conséquence. La cause est à chercher dans la société, dans son évolution même, qui la rend, elle et l'essentiel de son approche, "obsolète". Lacan lui-même l'avait vu, comme en témoigne une remarque de Laurie Laufer au début de Vers une psychanalyse émancipée : "Lacan (...), le premier, avait mis en garde les analystes dès les années 1960 au sujet de l'Œdipe, dont il disait qu'il « ne saurait tenir indéfiniment l'affiche dans les formes de société où se perd de plus en plus le sens de la tragédie »" Plus proche de nous, c'est un vieux lacanien "réac", Jean-Pierre Lebrun, qui développe ce diagnostic dans ses ouvrages, notamment La Perversion ordinaire. L’obsolescence de l’Œdipe est une conséquence d’une évolution sociétale, évolution intimement liée à la gouvernance néo-libérale mondialisée et à la fluidification et à l’accélération des échanges humains qu'elle impose. Dans ce monde, le père cesse d'être une autorité autonome. Il n'est plus qu'une fonction subsidiaire. L'Œdipe n'a donc plus de sens.

J'ouvre une parenthèse à ce sujet, en constatant que le succès de la notion de patriarcat et de la critique qui lui est adressée change ironiquement et absolument à partir de cette perspective : ça n'est pas une "émancipation" qui viendrait "expliquer" la mise en échec (ou le début d'une mise en échec) du patriarcat. C'est au contraire l'"obsolescence" du patriarcat (fait de structure) qui explique cette émancipation, rendue possible non pas par l'idéologie ou la contre-idéologie, mais par une absence ou un vide qui sera rempli et habillé par le "subjectif" des affirmations individuelles (fédérées, engagées, mobilisées après coup : l'idéologie – ou la contre-idéologie – cherchant toujours à rattraper son retard sur les événements et l'histoire).

A partir de là, et suivant cette lecture progressiste (lecture proactive, performative, où ce sont les consciences volontaires et rationnelles qui font l'histoire), il n'est pas étonnant, même si cela reste infiniment triste, de voir toute les déformations de la réalité opérées par tous ces intellectuels progressistes empressés de produire le même son de cloche. L'idée que la psychanalyse serait devenue un instrument de répression sociale, et qu'il faudrait la réformer pour lui faire retrouver sa subversion originelle est doublement absurde. Qu'elle ait pu être instrumentalisée, servir des discours réactionnaires et conservateurs, notamment ceux de la droite catho soutenue par les influenceurs milliardaires de l'ordre néo-facho, c'est une chose. Mais lui tordre le cou pour lui donner une utilité auprès des masses abruties qui ne la connaissent que par les pantins médiatiques qui disent n'importe à son sujet, c'en est une autre.

Soutenir que la psychanalyse est un repaire de vieux cons accrochés à une dogmatique dépassée, c'est ne tenir aucun compte du travail critique qui s'est opéré depuis elle, notamment venant de femmes qui, elles, ont vraiment bossé (qui parle des extraordinaires autrices que sont Janine Chasseguet-Smirgel, Sophie de Mijolla-Mellor, Gisèle Berkman ou Nathalie Zaltzman ?) ; et qui ne se sont pas contentées de lire quelques livres pour en extraire des citations, mais ont travaillé sur le temps long, pour comprendre la question et démontrer, par leur lecture et leur pensée, quel usage elles étaient capables d'en faire.

La présentation de l'ouvrage offre ainsi un merveilleux exemple de ce que j'appellerai "télescopisme historique", une tendance à ressaisir un panorama ample et éloigné dans l'œilleton de l’appareil de vue, pour le constituer en carte postale, en image facile à utiliser. L'idée consiste en effet à réhabiliter la "vieillerie" pour la refonctionnaliser dans la perspective de la lutte contre le capitalisme pulsionnel qui consume les sujets. Lordon et Lucbert reprochent à la psychanalyse de s'être laissée entraîner sur la "pente hégémonique" et de ne rien avoir fait pour se défendre ; donc, ils vont lui tordre le bras dans l'autre direction – pour la punir de ce qu'elle n'aura pas fait, et la sauver de ce qui pourrait lui arriver – en lui donnant à apprendre au passage les leçons de l'histoire. La "bonne nouvelle", dit Lucbert, c'est que ce sont des propositions, toutes articulées au "social historique", qui émergent depuis quelques années sur la scène française. Elle cite, entre autres, Mazurel, L'inconscient ou l'oubli de l'histoire. Un ouvrage paru en 2021, fort instructif et documenté, très intéressant à lire mais totalement à côté de la plaque avec cette idée d'"historiciser" la psychanalyse, de lui faire regarder du côté des sciences sociales pour voir s'il n'y aurait pas là quelque vérité dernière qui lui aurait échappé.

En fait, cette référence permet de saisir l'incohérence et au fond l'inconsistance de la proposition "réformiste", qui consiste à laisser tomber tout un pan de la théorie, jugée problématique ou dépassée, pour garder le reste. "Ouverture : les concepts du double-fond – pulsion, inconscient, jouissance, fantasme, refoulement. Fermeture : LePhallus, LaCastration, LaLoi (sic) – soit la transfiguration à majuscules d'un ordre social-historique contingent en éternité du Symbolique." Je ne sais pas si la psychanalyse perdrait là son sens, ou si elle en aurait encore un, tout ce qui m'apparaît c'est qu'elle serait très nettement vidée de son contenu, et notamment des concepts par lesquels elle s'ouvre à des énigmes très anciennes concernant l'agir humain et l'établissement des sociétés. Considérer que le Phallus est en quelque sorte un accident de l'histoire et qu'il suffirait d'un petit effort pour nous en débarrasser, c'est un pur délire rationaliste, parfaitement en accord avec cette myopie historique occidentalo-centrée qui prospère paradoxalement du côté des forces qui prétendent porter un regard critique sur la modernité et l'Occident. Il y a aussi une confusion et une inversion dans cette façon de parler de concepts qu'on préfère confondre avec les phénomènes qu'ils interrogent et qu'ils permettent de penser, plutôt que se donner la peine de les analyser. On peut très bien postuler la "contingence" des représentants, des références, des instances instituantes de l'ordre social dans l'histoire. Mais l'histoire, quand on la regarde sur le long cours et qu'on ne la fait pas commencer avec la modernité politique, persiste et signe dans l'usage des catégories obsolètes. Comment comprendre que ce "social" tant vanté par la gauche – une sorte de miroir dans lequel elle se trouve belle – soit à ce point piétiné et violenté par les nazillons de tout poil qui se sont emparés des destinées de la planète ? C'est de la contingence peut-être ?

L'inversion, ça consiste, quand on est incapable d'agir sur le réel et incapable en outre d'admettre cette impuissance, à remplacer le réel par la représentation. On agit sur la représentation, et la représentation ainsi transformée devient un véritable moteur pour engager les transformations qui semblaient hors de portée. L'idée de Lucbert et Lordon, et des réformistes de la psychanalyse, c'est un peu ça. Si "Phallus", c'est le mot pour désigner (et "transfigurer" : c'est le miroir où on se voit beau) ce qu'il y a de plus violent dans l'ordre social autoritaire et vertical, et bien il n'y a qu'à le supprimer, comme ça l'affaire sera mieux engagée. Je m'amuse au passage, écrivant cette phrase, à en lire une autre chez Mazurel, trouvant surprenante "l'attitude d'un André Green, figure majeure de la psychanalyse hexagonale (...), qui, bien que très conscient de la nécessité de revisiter les modèles freudiens (en matière sexuelle notamment) comme de s'ouvrir au dialogue interdisciplinaire, n'en restait pas moins convaincu de l'absence de tout rôle causal de la réalité sociale, considérant que les changements dans les mœurs ne comptent pour rien dans les variations constatées des troubles de la personnalité" (remplacez "troubles de la personnalité" par "histoire" et le tour est joué).

Une chose assez frappante, et qui donne une indication de la distance entre la psychanalyse et ce dont nos deux pseudo-psychanalyticiens parlent, c'est l'aveu de Lucbert (dans On s'autorise à penser) : "... c'est la dimension dont on ne parle pas du tout dans le livre : la dimension analytique en elle-même... Nous on est partis sur la théorie, comme nous ne sommes pas praticiens (...), on n'allait pas s'engager à parler de choses qu'on ne maîtrisait pas." Ah ben voilà. Le hic c'est que c'est précisément là, dans les allers-retours entre la théorie et la pratique, que la psychanalyse se fait et s'entend. Et il n'y a pas besoin d'être praticien, juste (bon) lecteur pour voir la différence.

Le problème des réformistes, c'est qu'ils veulent, ou prétendent – je ne sais pas à quel point ils sont sincères – remettre la psychanalyse du "bon" côté de l'histoire, renouer avec la subversion des débuts qui pourrait (ô miracle) renaître grâce aux forces mutagènes qui traversent la société et provoquent les "bouleversements socioculturels du temps présent" (pour citer Mazurel). Même en recourant à l'idée de coloration par imprégnation (une sorte de version textile de la psychanalyse), cette idée se heurte au fait que la psychanalyse n'a jamais été progressiste, du moins au sens qu'a le mot actuellement, qui n'était pas celui qu'il avait à l'époque de Freud. Les réformistes auraient trouvé leur compte si Marx avait inventé la psychanalyse, mais ça n'est pas le cas. Freud marchait sur deux pieds, le sujet singulier, et le collectif avec lequel il doit se "débrouiller". Or, dire, par exemple, que la psychanalyse doit s'"émanciper" ("Il ne s'agit pas seulement de s'émanciper par la psychanalyse (...), mais de l'émancipation de la psychanalyse elle-même"), comme le fait Laurie Laufer (dans Vers une psychanalyse émancipée), c'est sous-entendre un possible dépassement de cette tension originelle consubstantielle à la discipline. Freud avait en vue à la fois une émancipation des sujets des obstacles, contraintes, conflits qui les écrasaient psychiquement, en les empêchant d'être des sujets autonomes ; et en même temps il avait en vue la préservation des structures sociales – nécessairement contraignantes, voire oppressives – qui assurent le maintien de la culture (Kultur), c'est-à-dire de ce qu'on pourrait désigner comme le produit même du compromis entre le désir d'autonomie et l'assignation des sujets ou leur enrôlement dans un monde social à l'égard duquel ils sont en dette.

La réalité, ce qu'évite soigneusement de considérer la gauche, qui pense que tout ça c'est du vent, des mythes, et qu'un monde de liberté et d'émancipation de tous et de toutes se tiendrait parfaitement, sans difficulté, puisqu'on peut en concevoir la possibilité et les avantages ; la réalité c'est que tout revient à ce compromis qui est la seule forme historique possible. Les sujets sont nécessairement enrôlés, sinon à affaiblir la structure à laquelle ils doivent rendre des comptes – cet affaiblissement leur retombant sur la gueule par l'intermédiaire de régimes d'assignation plus pervers et sournois que les précédents. Résultat : ces sujets croient de plus en plus à une autonomie de moins en moins réelle, ils se virtualisent, en même temps que se renforce leur dépendance à cette structure devenue spectrale (dans le sens où elle est partout et nulle part à la fois). Et cette perversion en vient finalement à se manifester dans les rapports sociaux, comme nouvelle norme : les sujets émancipés sont libres, libres de s'exploiter, de se dominer ou de se tyranniser les uns les autres. Mis à part l'opportunité de se regrouper en chapelles, qui les encourage à se sentir forts, cette condition ne leur offrira pas les avantages espérés ; elle les exposera, les vulnérabilisera, les fragilisera de plus en plus, car elle n'est rien d'autre qu'un procès d'établissement de la preuve de réel (et la preuve de réel, première ou dernière, suivant qu'on se situe au début ou à la fin de l'histoire, c'est la force brute).

Donc l'idée d'émancipation, sous le projet réformiste qui l'engage institutionnellement, n'est qu'une façon de soutenir en la présentant avantageusement une visée idéologique aveugle à l'impasse de la lutte mimétique – c'est-à-dire à la reconnaissance du réel. Lutte qui débouche en dernier lieu sur la force brute. À gauche on ignore totalement cette question de l'obstacle que constitue l'opposition ontologique au fascisme. Si le fascisme représente la force brute, alors la gauche est condamnée à trouver sa voie hors de toute forme d'autoritarisme et d'affrontement mimétique. Ceci implique le plan de la stratégie politique, où la violence s'euphémise et peut aussi bien s'élaborer, se convertir, se transformer – ou se dissimuler. Un des moyens de cette dissimulation, et c'est un processus bien connu en psychologie, consiste à attribuer à l'autre des façons d'être et d'agir qui vous appartiennent en propre. Peu importe si on fait pareil, ce qui compte au final c'est de pouvoir se repérer dans le réel – pouvoir distinguer notamment le côté où se trouve la violence réelle. Le truc, c'est que la gauche adopte la même stratégie que la droite, une stratégie symétrique de désignation et de condamnation de l'autre. Or, cet argument – auquel recourt régulièrement la gauche, quand on lui reproche d'être "violente" – pourrait être retourné pour pointer l'erreur majeure de son recours à l'"argument de force" : à ce jeu, elle sortira toujours perdante (car très largement moins décomplexée, largement plus "surmoïsée" que l'autre camp dans son rapport à cette violence).

Ce qui est illustré par Sandra dans une extraordinaire séquence d'On s'autorise à penser, où son savoir de bourgeoise intellectuelle féministe moderne l'autorise à fustiger l'"insoutenable normativité" qui caractérise la psychanalyse, et à lui donner en passant, une leçon de vie : une leçon badass où elle explique comment elle et Frédéric ont eu l'idée brillante de la "sortir de son lectorat réservé" et à "réarmer le pouvoir d'intelligibilité incroyable de ce savoir qui est en train de se perdre du fait de la gangue de pathologisation qui pèse dix tonnes et qui la rend odieuse à tout le monde". Cette morgue admirable atteint son summum lorsqu'elle déclare : "Nous, plutôt que de laisser décader la psychanalyse dans son devenir injure (...), nous souhaitions au contraire aller récupérer son pouvoir d'intelligibilité, l'arracher à toute cette nécrose par la pathologisation, pour la récupérer dans la compréhension générale des faits sociaux et des faits individuels". Là, il est évident que les jeunes et vieux psychanalystes ne vont pas pouvoir résister à des arguments aussi novateurs et respectueux ; ils vont tout de suite avoir envie de prêter allégeance : ils remercieront Sandra et Frédéric d'avoir vu, avec la puissance conceptuelle et la subtilité analytique qui les caractérise, ce qui n'allait pas, et ils les remercieront encore de s'être penché sur le problème et de l'avoir réglé avant qu'il ne soit trop tard, afin de leur permettre de continuer à faire ce qu'ils font – en le faisant mieux, c'est-à-dire en commençant à le faire bien.

Par là on voit que la gauche intellote ne fait que ce qu'elle sait faire : donner des leçons aux autres, et notamment à ceux qui en savent plus qu'elle, en transformant son ignorance en un savoir supérieur, et en s'autorisant du peuple, qui le lui délègue ; peuple qu'elle s'imagine être naturellement de son côté, et prêt à suivre ses brillantes initiatives pour sortir (enfin) de sa léthargie et réaliser son émancipation. Cette croyance, qui ne se contente pas d'être naïve, s'accompagne, comme on le voit chez Sandra, d'une arrogance complètement naturelle et stupéfiante : une attitude de garde rouge parfaitement virtuelle – comme si on était en Chine à l'époque de la Révolution culturelle plutôt qu'en France à l'époque de Bolloré –, et qui consiste à mettre au pas de vieilles institutions qui n'ont rien demandé en leur braquant un pistolet à eau sur la tempe.

Face à ces tentatives réformistes du type "surrender or die", la réponse est d'autant moins difficile à donner que le sort de la psychanalyse s'est déjà joué il y a longtemps. Quand on est déjà mort – et même quand on l'est pas –, c'est naturellement qu'on répondra "va te faire foutre" à qui vous fait une proposition de ce type – en outre si ça vient de qui n'est pas loin d'occuper lui-même une position de mort en sursis. C'est une bonne façon de suivre le conseil de Raphaël Liogier : passer sous les radars. Ccomme ça au moins, on peut se dire qu'on vous foutra la paix et qu'on évitera de se faire emmerder par les idéologues de tout poil.

Artobal
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