Une histoire qui ne vous laissera pas insensible. Ici, c’est la rencontre de deux femmes dans une époque où l’Estonie retrouve sa liberté. Un demi-siècle sépare les deux femmes, et pourtant, elles ont subies l’humiliation des hommes. Zara, jeune prostituée s’échappe des mafieux qui l’humilient chaque jour et se retrouve dans la cour de la vieille Aliide. Et comme le destin fait bien les choses, Zara appartient au passé d’Aliide sans que cette dernière le sache. Que peut bien vouloir Zara ? Pourquoi est-elle arrivée dans la cour d’Aliide ? Et quels lourds secrets Aliide peut-elle bien cacher ?
Nous voilà donc plongé dans cinquante ans d’histoire de l’Estonie face à la violence sur les femmes et sur les peuples (Un passage explique même la catastrophe de Tchernobyl). Le livre passe par les flash-back du passé d’Aliide et de Zara. Une histoire faite de mensonges, de peur… Ce n’est pas de tout repos, certaines descriptions de l’auteure sont dures, âpres et laissent un sentiment amer face à d’autant de cruauté. (Le passage sur la petite Linda est un calvaire pour le lecteur, ainsi que le « dressage » de Zara).
Malgré les flash-back de la vie d’Aliide qui, des fois, font perdre le fil de l’histoire actuelle, au fur et à mesure, on comprend ce qui unie les deux femmes. On comprend, même si au fond de moi, j’avais plus d’affection pour Zara. Pour Aliide, le lecteur aura un sentiment de malaise face à une telle femme, elle pourra vous semblez cruelle, froide et prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut, jusqu’à trahir même son âme.
La fin est une libération, Aliide trouvera la force de libérer sa conscience pour que Zara soit libre de l’emprise des mafieux.
Je ne pourrais pas dire que l’histoire est belle, car : qu’est-ce qu’on peut trouver de beau lorsqu’un peuple subit le joug de la cruauté, de l’humiliation des hommes ? Le livre dénonce et montre le vrai visage de ce que l’on dit tout bas, qu’on essaye d’oublier et qui pourtant devrait marquer nos mémoires pour gagner en humilité et le respect de l’être l’humain.
Un livre que je conseille pour la qualité de l’auteure à ne pas mâcher ses mots et à crier une cruelle vérité. Malgré que l’histoire mette du temps à démarrer et subit énormément de flash-back, elle est remarquable. On comprend mieux le prix obtenu pour ce livre dont le Prix Fémina Etranger de 2010.
Ma note 7/10.