Fred Vargas à une manière bien à elle de perdre son lecteur dans les méandres de son récit, et avec force figures de style, pour mieux le surprendre. Mais à trop aimer un auteur on finit par connaître par cœur ses tics, ses stratégies, sa rhétorique. Aussi, pour qui connaît le profil de l'assassin vargassien, il était aisé de deviner, à peine la moitié du livre passée, sous quel personnage se cachait celui de Quand sort la recluse. Hélas, à partir de ce moment les ficelles n'en sont apparues que plus grosses, et l'aveuglement du célèbre commissaire Adamsberg aussi inconcevable qu'artificiel.
La délectation du style n'a malheureusement pas compensé cette faiblesse, il y est travaillé à l'excès. En multipliant les images pour les décrire, l'auteur fait perdre leur consistance aux personnages, qui deviennent des idées plus que des hommes de chair et d'os. Bref, on y a pas cru et on est déçu. Mais à lire les critiques, on est un peu seul dans ce cas et FV peut se rassurer, ses effets agissent toujours sur la plupart de ses lecteurs.