Je ne peux me résoudre à mettre moins de 5/10 à un roman de Vargas.
Prenant en considération la quantité de travail, l'énergie nécessaire à la conception de l'oeuvre, le style habituel, très métaphorique, très particulier et très subtil à la fois - ce fameux style qui nous rend obsessionnellement fan à la première lecture de l'une de ses œuvres - sans parler des personnages, avec lesquels nous évoluons aussi depuis toutes ces années, les marques, les figures de style, l'ambiance... je n'ai inéluctablement pu aller plus bas, même si - malheureusement - j'ai été tentée de le faire.
L'oeuvre en elle-même s'étalant en longueur, comme autant de longs et complexes acheminements, amène finalement la montagne à accoucher d'une souris.
L'assassin, trop peu surprenant, détéctable dès son apparition, peine à s'intensifier au terme de l'intrigue ;
n'apparaissant pas à la fin pour une ultime confrontation avec Adambserg, le lecteur reste sur sa faim. Goût d'inachèvement qui ne ressemble pas à Vargas, par ailleurs.
Le roman, possédant l'une des intrigues les plus noires et les plus difficiles des œuvres de l'auteure, n'entraine pas son lecteur dans les soubresauts de conscience du commissaire, qui nous laissent souvent indifférent ; l'équipe elle-même, malgré quelques tentatives d'activité, reste un peu plus inerte que lors des précédents récits...
Évidemment, on a aisément pu faire le rapprochement avec une certaine enquête d'Agatha Christie, mais tout ne se déroule pas exactement dans la subtilité, et vient ainsi gâcher ce plaisir, cette intensité dramatique.
Déjà déçue par les méandres trop profondes, TROP longues de Temps Glaciaires, je continue de croire que Vargas peut encore nous surprendre, comme elle l'a si bien fait avec, notamment, Dans les bois éternels, ou encore Un lieu incertain qui étaient à mon avis les romans les plus réussis.