En fait, il y a exactement la même raison du pourquoi je n'ai pas du tout aimé Un nid de crotales...
On présente une nouvelle fois, un personnage insupportable dans tous les sens qui traite tout le monde comme de la merde et qui arrive à se faire pardonner et même respecter, pour ensuite tout recommencer à zéro en retraitant tout le monde comme de la merde.
Qu'est-ce qu'il croyait Jim Thompson ? Oh, c'est un personnage noir qui vit des problèmes de noirs, donc forcément, ça passe quand même l'empathie ?
Il a bien essayé de le rendre sympathique son personnage, il insistait beaucoup sur ses problèmes psychologiques... pendant deux secondes... Et juste après, c'était reparti pour le gros connard de service...
Surtout que tout lui réussit à cet enfoiré, il a une de ses confiances en soi à fomenter toute une série de plans diaboliques. Et comme c'était pas assez, le con a un putain de QI qu'on n'arrête pas de rappeler à tout va, comme étant astronomiquement énorme ! C'est bon, on a compris.
Et cher Alain Corneau pour insister sur le caractère social et politique du bouquin... Mon cul. C'est un bouquin de baise. Jim Thompson, dans d'autres bouquins, était moins vulgaire. Là, c'est la farandole de jeux de mots, d'expressions à la noix de coco sortis du chapeau d'un fou. Il y en a tellement que ça casse le réalisme : à quel moment, une personne dans la vraie vie pourrait réellement avoir autant de choses à dire et de toutes les façons possibles ? Mais voilà, on est dans un roman noir, et dans les romans noirs, c'est souvent :
" Ouh... Si. Les marouflards dans ton genre j'les crois capable
de tout. Avec ta jacquetance tu défroquerai un moine trapiste
et tu convertirai une grenouille de bénitier au bouddhisme. Parce
que c'est avec des excentrique de ton acabit qu'on déclenche
des guerres civiles et qu'on est passés de l'âge du lance
pierre à la bombe atomique, alors il s'rait p't-être temps
d'réviser ton Larousse parce que moi j'appelle pas ça capable
mais responsable."
C'est pas ridicule quand même ? C'est inventif... mais qu'est ce que c'est lassant à la longue.
Puis, de toute façon, il insiste un peu trop sur les scènes de cul, à chaque fois, il vient tout décrire une nouvelle fois alors que clairement, c'est bon, on a compris, ils baisent. Tout le monde baise dans ce bouquin.
Puis, je ne parlerai même pas de la fin... Il y a une symbolique... Peut-être mais je la capte pas. C'est trop abstrait et je ne sens clairement pas la référence à d'autres moments. Et puis, merde, il lui arrive rien de bien méchant à ce connard... On a même l'impression d'être revenu au point initial de l'histoire, et y a rien de pire pour une histoire que de sentir le début venir à la fin.
Franchement, lisez Des cliques et des cloaques ou Une Jolie Poupée. Les personnages sont moins sûrs d'eux, un peu plus faibles, coincé dans un étau qui se resserre petit à petit, et même dans leurs esprits, ils sont prisonniers.