Rambo
7.8
Rambo

livre de David Morrell (1972)

T’as déjà mangé des Rambo ?

Rigole pas. C’est très sérieux. Le nom du type qui a vaincu l’ex-URSS à lui tout seul, c’est le nom d’une pomme à 25 cents. Morrell le raconte dans un entretien que j’ai lu quelque part.

Et David Morrell adore Rimbaud.

Pomme et Poésie.

Ça démystifie la tronche à Stallone.

Je sais.

J’aime bien démystifier.

Je vais pas te faire l’historique de la naissance de ce roman, c’est pas utile. Si tu cherches un peu, tu vas en trouver plein qui te raconteront mieux que moi.

Tu te souviens que le titre, le vrai titre, c'est « First blood ». En revanche, dans les vidéos clubs, c’était chiant à classer, d’où Rambo 12345, et peut-être 6, je crois.

Voilà

J’ai lu aussi que « La horde sauvage » de Peckinpah avait pas mal influencé David Morrell. En terme d’influence, on doit pouvoir trouver pire que ça.

Donc, le pitch, comme d’habitude.

Rambo (John n’existe qu’au cinéma), barbu et chevelu, c’est un môme qui revient du Vietnam, c'est-à-dire d’un endroit où les amerloques ont envoyé pas mal de gosses à la boucherie.

Mais on ne va pas se mentir, ils ont, eux aussi, fait un peu d’abattage de vietnamiens.

Les guerres, c’est chouette pour ça. On se fout sur la gueule, entre pauvres, pour que les riches continuent à se remplir les poches.

Rambo, donc, chevelu et barbu, revient au pays et les barbus chevelus, à cette époque-là, ils étaient pas bien vus.

Voilà. T’as le pitch.

On est à un ou deux kilomètres du super héros vitaminé que le cinéma en a fait.

Tu vas évidemment percuter que si Trautman, le colonel, s’appelle Sam, c’est un peu en référence à ce symbole des États-Unis que l’on appelle Oncle Sam.

Je ne sais pas pourquoi le cinéma en a fait ces films ridicules. Ou plutôt, je sais pourquoi. Il fallait que ce film puisse laisser envisager des suites.

Dont acte.

Mis à part le premier de cette série, les autres ne nécessitent pas de perdre des heures à les regarder.

D’aucuns, plusieurs, ont constaté une espèce de pauvreté littéraire dans le style de Morrell.

Ben ouais.

Comme Buk le disait, sans trop paraphraser, « Si ça sort pas de tes tripes, écrit pas. »

J’ai tendance à penser que ce roman est sorti des tripes de David Morrell, et que dans ce cas précis, le style littéraire dont ces d’aucuns causent, ne nécessitait ni oxymore ni métaphore, et encore moins d’hypozeuxes et autres chiasmes.

Je dis ça pour que ces d’aucuns comprennent que n’est pas Audiard qui veut et que le style n’a pas forcément grand-chose à voir avec la capacité à raconter une histoire.

Tu le sais, et je le sais aussi.

Un point important, que je souligne, parce que parfois, j'aime assez souligner, c’est que le roman est sorti en 1972. Et en 1972, les mômes que l’oncle Sam (puisque c’est de lui qu’il s’agit) a envoyé au Vietnam, continuent à patauger dans la boue et à se faire bouffer par les moustiques qui sont, eux aussi, vietnamiens.

Tu vas te rendre compte, pendant ta lecture, que Teasle et Rambo ne peuvent pas se comprendre. Teasle a fait la guerre de Corée, c’est donc lui aussi un vétéran, mais il est d’une autre génération. Celle pour qui ceux qui ont des cheveux longs, et la barbe sont des hippies, des jeunes cons aux idées courtes (cf Jojo).

L’antipathie est immédiate entre Rambo et Teasle, dès le début du roman. Chacun d’eux se juge à l’aune de l’autre.

Alors un roman sur la rédemption.

Une rédemption impossible à envisager, d’un côté comme de l’autre, puisque que chacun est intiment convaincu que l’autre a tort.

David Morrell a dit quelque part s’être inspiré du soldat le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale.

Audie Murphy.

La première victime du Syndrome de Stress Post Traumatique qui ne portait pas encore ce nom.

David Morrell a tenté d’imaginer Audie Murphy chevelu et barbu, et il a créé Rambo, face à la bien-pensance américaine de 1972.

Voilà.

Souviens-toi.

« Ils ont fait couler le premier sang. Pas moi. »

Un point important, quand même : King (Stephen, tu vois qui je veux dire) faisait étudier « First blood » dans ses cours d’écriture créative à l’Université du Maine.

J’en reviens aux d’aucuns qui imaginent que le style n’est pas là...

Sans doute un de mes livres préférés.

Un de ceux qui je relis, comme « Méridien de sang ».

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.

Nicolas-Elie
8
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le 22 janv. 2026

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Nicolas Elie

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