Il était une fois le « Jeu de Rôle », bien longtemps avant l’arrivée des jeux vidéo.



Donjons et Dragons - dont j’avais acheté les « Dungeon Master Guide, Players Handbook et Monster Manual » en 1983 à la faveur d’un échange scolaire au Vermont des USA, où je fus initié par deux fervents ados accros comme mis en scène dans « Stranger Things » - régnait en maître sur cette déferlante ludique.




Dès 1980, à quinze ans et demi (l’âge où l’on compte encore les demis, avant de les boire), je passais l’été à traduire de l’anglais les seules règles existantes disponibles, le Basic Set, puis l’Expert Set et enfin les Advanced D&D… Devenu incollable en anglais médiéval, je me destinais à l’interprétariat, que je délaissais finalement à dix-neuf ans pour commencer à interpréter la langue des astres, aujourd’hui encore mon cœur de mission.




Puis, comme une crise cardiaque, survint le langage draconic.


Dragons never die.


Les dragons dorment et rêvent.


Ils ne meurent pas, ils se réveillent.


Dès lors, nous, les créatures rêvées, vivons ou mourons.


Plus exactement et oniriquement, nous changeons de rêve.




Ainsi, incarnons-nous une autre facette de notre archétype, la somme de nos vies et expériences vécues et à vivre, au travers du « voyage ».
 Là est le sens du rêve, le voyage.




Celui-ci ne peut se concevoir que par l’élan intérieur qui pousse chacun et chacune à accomplir sa destinée onirique, dont certains - les Haut-Rêvants - peuvent modifier les contours, en suggérant ou en obligeant les Dragons, « Grands-Rêveurs » qui nous rêvent, à redessiner leur vie ensommeillée à notre entendement ou à nos besoins. Ainsi va la magie.




Le monde de Denis Gerfaud m’est apparu aussi exaltant que celui de Tolkien, en plus simple, dynamique et plus proche de la vraie réalité ésotérique. La différence réside dans le fait d’être dans le film, l’un des héros.




Créateur d’univers, tout autant amateur, connaisseur et praticien, à des degrés divers, de littérature fantastique - surtout à caractère onirique - de musique, d’astrologie, de civilisation médiévale, de vie de ses grands inspirateurs les chats… Denis est un être accompli et éveillé dans son domaine ; un Grand-Rêveur, le metteur en scène de nos rêves éveillés d’une rare intensité théâtrale.




Plus qu’un univers médiéval fantastique, plusieurs fois primé, Rêve de Dragon constitue une famille de cœur où se côtoient beaucoup de joueurs et finalement peu d’élus capables de soutenir le rythme des campagnes de jeu, d’une année sur l’autre. Plus qu’un jeu, le Rêve de Denis est une invitation à l’âme, à l’amitié et à l’Amour révélant un Art de vivre total.




Pour avoir eu l’immense privilège de découvrir cet univers en septembre 1987, je me souviens toujours des premières minutes autour de la table de jeu animée par le « maître du jeu », le bien -nommé « Gardien des Rêves », remarquable conteur digne d’un Louis Jouvet, faisant découvrir avec patience et générosité son jeu fraîchement publié, avec aujourd’hui un frisson et une émotion encore intacts et vibrants.




Ainsi naquit ce lien d’Oniros avec Denis et les autres joueurs, embarqués dans une dimension ludique surclassant l’unique « Dungeons and Dragons » auquel je ne jouerais désormais plus, ayant goûté la quintessence de ce qui deviendrait mon délice hebdomadaire de me sentir vivant.


De 1987 à la naissance de mon fils en 2006, jusqu’à trois fois par semaine autour des tables de jeu parisiennes et privées, ai-je reçu le souffle vital et bienfaisant de Denis - comme celui claquant et dangereux des Dragons par échec des procédures magiques - rendant le temps si élastique et sa profondeur si fascinante et mémorable, qu’une nuit de Rêve du crépuscule du vendredi à l’aube du samedi, valait une semaine de réalité quotidienne vécue.




Commenter le jeu pour l’apprécier critiquement au sens du Sens Critique m’est non seulement impossible, mais absolument hors sujet. Ce jeu ne se commente pas, il se vit, il se ressent, il se pleure d’intenses jubilations…, dès lors qu’il a été vécu à la source du Rêve, avec le Rêveur des Grands-Rêveurs, avec le Père des Dragons.


Une vie se juge et s’apprécie à l’aune de ses peines et de ses joies. 
Dans « la vraie vie », l’union avec son être Bien-Aimé et la venue des enfants si désirés, miracle de la vie par l’amour et la transmission, représentent ce bonheur.




Dans « Rêve de Dragon », sur la vibration ludique et symbolique, ce bonheur se vit dans la connaissance de soi qu’il permet, par le partage, « la dynamique de groupe » et la certitude de l’immortalité de l’âme.




Testant les nouvelles adaptations aux règles et les scénarios d’aventures, les « Miroirs des Terres Médianes », durant dix-neuf ans - la durée d’un cycle draconic en astrologie, par la révolution des nœuds lunaires ! qui lient et délient les cordes d’or et d’argent entre les êtres - nous avons ainsi permis à ces sublimes créations de littérature fantastique vivante de devenir une réalité jouable et accessible au public. Ma contribution a valu en relecture et correction de la seconde édition.




Qu’il me soit ici permis de rendre hommage à la cheville ouvrière de cette entreprise, mon ami de toujours feu Pierre Lejoyeux, coordinateur et maquettiste des rééditions de l’Œuvre de Denis, à la bonté et la dévotion rarement égalées, incarnant Nitouche Pérégrine, mon alter-ego et compagne de route.


Qu’il me soit également donné la faveur narcissique de vous saluer, voyageurs de l’imaginaire ; témoins de mes voyages par mes deux rêves légendaires de Mandegloire et Salmanazar. Rien ne me bouleverse plus que cette réalité onirique à vivre et à faire vivre.




Denis Gerfaud, en éternel ami, a contribué à ma fantaisie onirique, à mon équilibre de vie, à mon rêve intérieur, et je lui en suis draconiquement reconnaissant et spirituellement redevable.




L’image est magie, arcane simple à illustrer ici : imaginez être le comédien, la comédienne, l’acteur, l’actrice, du film culte de votre plus adulé et magnifique réalisateur, vous permettant de tutoyer votre transcendance et de caresser la transparence de votre ultime création…




Au chant des chats, les larmes d’Ashanishadishade sont des pierres précieuses qui remontent la rivière…


Chat-Botte
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le 20 oct. 2025

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