Ce titre, condensé si on le compare au titre original (True story: murder, memoir, mea culpa ) représente bien le message que véhicule ce texte. Citation partielle d’une expression empruntée  au monde de la justice, que l’on côtoiera largement, dans sa version américaine, elle dit aussi cette quête perpétuelle distillée tout au long du récit. Savoir ce qui s’est passé en décortiquant chaque énoncé, chaque écrit issu du personnage central : Chris Longo, un homme accusé d’avoir tué sa femme et ses trois enfants.

Mais la vérité est aussi un piège pour le journaliste qu’est l’auteur, exclu du New-York Times pour avoir construit une fiction à partir de ce qu’il avait perçu du monde de l’exploitation du cacao en Afrique de l’Ouest. Un faux pas qui lui coûte très cher sur le plan professionnel. 

C’est cette mise à l’écart qui lui vaut de s’intéresser au cas de notre criminel, mais pas seulement. Par le plus grand des hasards, Chris Longo se fait passer pour Michael Finkel lors de la cavale qui a suivi la perte de sa famille !


Une grande partie du récit est consacrée aux échanges épistolaires ou téléphoniques entre le journaliste et le prisonnier, en attente de son procès. 


C’est donc au même rythme que le narrateur  que l’on découvre peu à peu  la personnalité de Chris Longo, un homme menteur dans l’âme et toujours très convaincant, si l’on en juge par la liste de ses victimes financières. On comprend comment il s’est construit une vie sur une montagne de mensonges dont il était impossible de se sortir. 


« Alors que la date de son procès approchait, il se met à explorer la façon dont tout dans sa vie, lentement, et inexorablement, avait commencé à se désagréger »

Un excellent mobile pour mettre fin à une spirale infernale !


Un aspect intéressant réside dans l’évolution de la relation entre les deux hommes. On perçoit bien la séduction qu’exerce Longo sur le journaliste. Et il faudra attendre la fin pour comprendre ce qui se passe du côté du prisonnier. L’ambiguïté est bien ressentie.  


On ne peut s’empêcher de penser à l’oeuvre de Philippe Jaenada, pour les similitudes dans la source d’inspiration et dans la construction, même si dans le cas de Michael Finkel, ce que l’on apprend de sa vie personnelle est en rapport direct avec l’histoire à laquelle il consacre son récit.  

Si c’est moins bavard, c’est aussi addictif en tout cas. Car on ne s’ennuie jamais au cours des quatre cent pages. Grâce à la personnalité particulière du criminel et à l’écriture efficace de l’auteur. 


Un récit assez envoutant , qui met aussi la lumière sur le fonctionnement de la justice aux Etats-unis, mais relate surtout une relation trouble entre les deux protagonistes. 


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le 17 mai 2026

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