Après avoir adoré l'œuvre cinématographique qu'Hideo Nakata avait produit à la fin des années 90, se basant sur ce bouquin réalisé par Koji Suzuki, je me devais absolument de lire ce dernier qui contenait la source de l'histoire mythique de l'iconique Sadako Yamamura.
L'intrigue développée est dans les grandes lignes similaires à celle que propose Nakata, bien que de nombreuses différences n'ait pas été adapté.
Tant mieux, cela laisse plus de choses à découvrir !
Ce n'est pas la séduisante Reiko Asakawa qui enquête mais un certain journaliste se nommant Kazayuki Asakawa. Un membre de sa famille est décédée d'une manière bien étrange, tout comme 3 autres victimes durant la même période. Voulant creuser et trouver les véritables causes de ces drames, ce jeune homme étudiera toutes les données qu'il trouvera et parviendra à mettre la main sur une fameuse vidéo que sa nièce avait visionné avant de mourir une semaine plus tard.
Mr Asakawa ira à son tour regarder son contenu, et comprends qu'il sera le prochain à passer l'arme à gauche s'il ne trouve pas un moyen de conjurer la malédiction que projette cet objet.
Aider par son ami, l'enseignant Riuji Takayama, qui consultera à son tour cette cassette, ces deux personnages vont devoir s'appuyer sur tout les éléments que montre ce court-métrage pour en comprendre son sens.
C'est donc en creusant les pistes ambiguës que montre cette vidéo que les origines de Sadako Yamamura sont dévoilés. Cet être hermaphrodite qui est décédé une trentaine d'année plus tôt, après avoir été violé et jeté vivant dans un puits par un docteur qui s'est aperçu de la particularité singulière dont elle souffrait.
Doté de pouvoir surnaturelle, encore supérieure à ceux de sa maman, elle va concentrer toute sa haine et sa rancœur contre l'espèce humaine pour créer ce maudit visionnage qui est basé sur ses souvenirs malheureux.
Des deux acolytes, c'est Riuji qui se montre le plus batailleur, lui qui affirme vouloir assister à la fin du monde. Une personnalité atypique, également très sombre car il reconnait avoir déjà violé plusieurs femmes. Kazuyuki se révèle davantage peureux mais plus sain.
Ils parviennent à retourner dans le paysage qu'avait connu Sadako, réussissant à analysé son passé et à confronter le docteur Nagao, le responsable de sa fin tragique.
Ils retrouveront aussi son cadavre afin de le rendre à sa famille.
Malheureusement, cela n'était pas suffisant pour conjurer le sort puisque Riuji succombera de celui-ci.
Ce n'est pas le cas de Kazuyuki, car il avait réalisé une copie de la cassette pour la montrer à son ami. C'est la mort de ce dernier qui lui fera comprendre ce point.
Sadako Yamamura n'intervient jamais en tant que présence physique, dans ce livre, il s'agit d'un virus mortel qui se transmet en visualisant cette cassette maudite.
Justement, qu'est-ce qui rend ce personnage si spécial alors qu'il n'apparait pas une seule fois de manière directe ?
De mon point de vue, c'est précisément ce qui fait sa puissance et son originalité.
Après avoir vu la vidéo, les victimes devront affronter une mort très mystérieuse une semaine plus tard. Ils seront terrorisés par la tournure des évènements uniquement à ce moment précis, ressentiront une présence introuvable, et une peur inqualifiable avant de disparaitre.
La terreur n'est pas de se voir confronter face à un ennemi monstrueux qui va vous défigurer, mais d'affronter une condamnation énigmatique qui s'attaquera à votre corps de manière plus subtil.
C'est ce qui à mes yeux, rend Sadako unique en son genre (sans jeu de mot).
On ne peut pas la fuir, ni l'affronter, ni même la voir.
Sa manière bien spécifique de s'en prendre son prochain n'est pas spectaculaire, mais n'en reste pas moins très dérangeante.
J'ai eu beaucoup de compassion envers ce personnage, qui est avant tout, la première victime de son existence.
Ce roman est certainement celui que j'apprécie le plus.