Rose in Chains, premier tome de The Evermore Trilogy de Julie Soto, est une œuvre qui dérange autant qu’elle fascine. Inspirée d’une ancienne fanfiction “Dramione”, elle s’émancipe complètement pour offrir une romantasy adulte, dense, et traversée d’une émotion brute.
Dès les premières pages, on comprend que ce roman ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il confronte son lecteur à un monde en guerre, où la magie est autant une arme qu’une malédiction. Dans cet univers hiérarchisé, les “Sources” sont des êtres réduits en esclavage, exploités pour leur pouvoir — et parfois bien plus. Ces passages difficiles ne sont jamais gratuits : Julie Soto dénonce, sans détour, les abus et la déshumanisation du pouvoir.
Mais là où le roman se démarque, c’est dans la relation entre Briony et Toven. Ce duo improbable, marqué par la méfiance et la douleur, incarne la lente reconstruction après le traumatisme. Julie Soto choisit le slow burn, la montée en tension émotionnelle, et construit une relation où le respect et la compréhension deviennent des actes de résistance. Le roman prend alors une dimension psychologique rare dans la romantasy moderne.
L’écriture, poétique et viscérale, subjugue. Julie Soto manie la lumière et l’ombre avec une justesse saisissante, refusant toute simplification morale. Rose in Chains n’est pas une romance de confort — c’est une œuvre cathartique, où l’amour devient un acte de survie.
C’est dérangeant, bouleversant, mais terriblement beau.
Un roman qui ne se lit pas à la légère… et qu’on n’oublie pas.