C'est drôle, c'est frais, c'est un peu léger oui mais ici le but n'est pas de donner dans la grande dramaturgie intellectuelle.
Le but de Fabcaro est de conter l'absurde de la vie, de nous faire rire avec, et il le fait très bien.
Cela faisait longtemps que je n'avais ri autant à la lecture d'un roman. Je veux dire, le rire sonore, a gorge déployé et tout.
J'ai même découvert un mot: Notonecte. Mieux, j'ai ri avec alors qu'entre nous, ce n'est pas le premier qui nous viendrait à l'esprit pour amuser la galerie!
Alan est un magnifique spécimen humain, dans le genre rêveur, portant un regard décalé sur ces petites choses de la vie sur lesquelles le commun des mortels ne prend pas le temps de s'arrêter. Il a bon coeur mais n'est jamais à l'abri de ses propres conneries. Par exemple, écrire un livre sérieux pour prouver à son ex amour à quel point il est fabuleux, au moins autant que cet intello historien de Ronsard!
Fabcaro, à travers Alan, nous agrippe par la manche pour nous dire "hey arrête toi deux secondes , quand on y pense ce genre de situations, c'est quand même marrant non?"
La multiplicité de ces situations apportent à l'ouvrage une atmosphère jubilatoire ou on sent poindre la connerie à chaque page, sans pouvoir pour autant la deviner.
Elle me cueille, je ris à toutes pompes, et ça fait un bien fou.
Alan c'est le loser magnifique en nous, qui ne demande qu'à s'assumer.
Ce livre, c'est la pause parfaite avant d'entamer du plus lourd, c'est la salade de fruits après la raclette!
Et j'en reprendrai bien une tranche.