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Sobre
Claire Touzard est alcoolique. Enfin… était ! Elle a décidé d’arrêter et ce livre suit son parcours à la manière d’un journal. Aidée par une rencontre et l’amour elle raconte ses prises de...
le 6 janv. 2022
Je suis un peu embêtée. Par principe je ne commente pas les témoignages des autres. Chaque vie est valide, et chaque expérience vécue subjectivement a le droit de se dire, d'autant plus si elle met en lumière des oppressions systémiques, des comportements nuisibles, de la violence. A ce titre, j'ai pris beaucoup d'intérêt à lire Claire Touzard.
Mais je suis restée comme sur ma faim. J'ai le sentiment qu'il y a un manque d'analyse, qu'il aurait fallu aller plus loin pour rendre le livre complet. Le témoignage est une chose, mais j'aurais voulu que la journaliste se mette davantage au travail sur ce sujet et nous propose une lecture des faits qui dépasse un peu son vécu instantané. Cela dit ce livre se veut un journal, je lui demande peut-être trop.
Toutefois ce livre a fait écho à de nombreuses expériences personnelles, puisque je suis aussi alcoolo-dépendante. Comme à chaque récit de ce genre, je me reconnais dans de nombreux tableaux. Elle m'apporte un point de vue supplémentaire sur ma dépendance, ce qui est très riche pour moi. Sa réflexion sur l'intersection alcool/féminité/capitalisme est très intéressante, et j'aimerais la voir davantage fouillée justement. J'aimerais plus d'outils pour parvenir à comprendre comment fonctionne l'alcool socialement. J'aurais voulu un nouvel Assommoir, peut-être.
J'aurais voulu comprendre comment l'alcool peut être un outil d'oppression, que Claire Touzard n'a pas vécues. C'est le dernier point que je souhaite relever. Elle romantise beaucoup les milieux LGBTQI+, qui sont l'arrière-plan de plusieurs de ses voyages, mais elle-même est cisgenre et (si j'ai bien compris), hétérosexuelle. Je ne lui en veut pas de romantiser des boîtes de nuit queer, au fond. A chacun.e ses constellations et ses mythologies. Mais s'arrêter au romantisme empêche d'aller plus loin. En quoi l'alcool est-il un outil de destruction du corps des hommes, d'oppression des femmes ? Quel rôle joue-t-il parmi les personnes opprimées, dans la gestion de la colère, de la peur, de la dépression, de la joie ? Elle nous l'a raconté pour elle, maintenant il faudrait que d'autres voix en parlent aussi.
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Créée
le 24 févr. 2021
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