En lisant le début de ce roman, j'ai tout de suite pensé à "The Boys" (les comics, pas la série).
En effet, l'histoire se déroule dans un monde dotés de "supers" des Humain·es ayant des pouvoirs dignes des super-héros de Marvel ou DC comics. L'héroïne, Anna, est une femme normale qui loue ses services auprès des super-méchants (parce qu'ils sont là aussi, évidemment). Elle est ce qu'on appelle, une sbire.
Or, lors de l'une de ses missions en intérim pour un super-méchant qui a enlevé le fils du maire de la ville, elle est prise dans le combat de supers qui s'ensuit et se fait disloquer la jambe par l'un d'entre eux, rien moins que le superman local : Super Collisionneur.
Et là, la vie d'Anna bascule, et on retombe sur la thématique The Boys (oui, j'ai mis du temps à y revenir). Car estropiée et handicapée à vie, Anna va profiter de sa convalescence pour combattre les super-héros avec la seule arme qu'il lui reste : le tableur excel.
Car Anna va entreprendre, en reprenant des formules mathématiques qu'on utilise pour calculer le coût matériel des catastrophes naturelles, de calculer combien chaque super-héros coûte à la société en dégâts matériels, soins, psychologues, décès, etc...
Et son travail, qui vire vite à l'obsession, va attirer l'attention d'un super-vilain, Léviathan, qui va l'embaucher pour qu'elle pousse ses investigations au maximum et qu'elle l'aide à faire chuter le plus grand des supers : Super Collisionneur.
On l'aura compris en lisant ces quelques lignes, le ton du roman est volontairement humoristique, ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il soit léger. Si en effet, on sourit et rit beaucoup à sa lecture, le récit reste dur sur le fond, et met en scène des personnages qui, pour certains d'entre eux sont vraiment abjects. Le personnage d'Anna lui-même, même s'il a notre sympathie en raison du grave dommage qu'elle subit au début du roman, recèle sa part d'ombre et de malfaisance.
Quoiqu'il en soit, et quoiqu'on en pense in fine, j'ai trouvé le roman très réussi, vraiment drôle, et porté par un questionnement permanent autour de questions très actuelles : le bien-être au travail, le coût humain des politiques du "quoi qu'il en coûte", notamment.
La question centrale restant : est-ce que la fin justifie toujours les moyens ?
J'ai beaucoup aimé ce roman, j'en ai savouré l'humour, et je ne peux qu'en recommander la lecture.