Ce texte magnifique contient l'essence même de l'homme mais il est faillible en ce sens qu'il est un sermon et donc écrit pour convaincre, pour être prononcé devant les fidèles. En aucun cas le prédicateur ne peut, en chaire, insinuer le doute en l'esprit de ses ouailles. On ne peut donc savoir réellement quelle est la "vraie" pensée de son auteur au regard de la mort mais surtout de l'existence d'une âme au sein de notre substance périssable.
La faiblesse, la vanité, la misère de l'homme mais aussi son génie exprimé dans les sciences, les arts ou la domination qu'il exerce sur les autres espèces - son Monde - en font un être contradictoire, quasiment invraisemblable mais qui ne se posera jamais vraiment en reflet de son hypothétique créateur. Il sera en attente comme Lazare d'une destruction de sa matière pour être reconstruit par les mains du grand architecte. Bien sur pour que cela soit possible il est nécessaire de posséder un principe interne qui nous permette cette renaissance divine : l'âme !
Voilà bien le problème de ce texte mais aussi de toutes les religions qui voient quelque chose de plus haut que le corps, séparable et surtout immortel. Les pourquoi s'envolent l'âme est là présente en chacun de nous car "nous savons" ! Devant le manque, cette justification pleine de violence stupide on ne peut qu'être soumis au pyrrhonisme le plus cinglant. En revanche les croyants ainsi soignés par le baume de la certitude pourront dormir sur leurs deux oreilles. Qu'en est-il des prélats se laissent-ils si facilement abuser, jouent-il le jeu de l'institution ? En tout cas ce texte aurait été tellement plus intéressant si Bossuet nous avait livré ses pensées les plus profondes les plus secrètes et donc, peut être ses doutes !