La narratrice a besoin de s'évader pour se changer les idées et part à Venise en plein hiver. Elle se décide par instinct, et commence par regretter, du fait du froid et de la présence trop prégnante de la brume. Elle enveloppe certes la cité lacustre de mystère, mais également, voire surtout, d'une mélancolie mortifère.
Elle opère des visites, pour se stimuler de découvertes, et s'entiche d'un vieux prince russe francophile qui l'instruit de ses lumières, également d'un libraire, un peu plus fringant. Elle semble davantage s'attacher au prince, le jeu restant ouvert ; et la brume continuer à jouer des sorts visuels.
Le mystère plane donc pleinement dans ce roman languide, humide et froid, où toute évolution se fait en douceur, calfeutrée par l'architecture et le climat. Le suspense rendu prend une forme diffuse, donc pleine de charmes. Laissons-nous donc guider.