Je viens de finir ce livre de Douglas Stuart.Pour résumer brièvement, c'est l'histoire de Hugh Bain, dit "Shuggie Bain", un petit garçon né de l'union de sa mère, Agnes, et de son père, dont il porte le nom. Il vit dans un premier temps chez ses grands parents avec ses deux parents. Sa mère est une femme très belle, "trop belle pour travailler" d'après elle-meme et son fils. Elle a déjà deux enfants d'une précédente union, dont elle s'est extraite par ennui et appât du gain, après sa rencontre avec Hugh, dit "Big Shug", chauffeur de taxi de nuit. Tout ceci se passe à Glasgow. Un jour, Big Shug, violent et infidèle, dépose toute la petite famille dans une banlieue sordide de Glasgow, une ville de mineurs fictionnelle du nom de Pithead (probablement inspirée par le quartier de Cardowan d'après mes rapides recherches).Agnes, déjà bien accro à l'alcool, s'enfonce de plus en plus dans cette banlieue lugubre, détruite par la trahison de l'homme qu'elle aimait, et incapable de s'occuper correctement de ses enfants. D'autant plus que Shuggie n'est "pas normal", c'est à dire qu'il est probablement homosexuel. Et, cela, dans l'Ecosse de Thatcher, des années SIDA, c'est pas la joie.Bref, je ne veux pas spoiler outre mesure, mais j'ai beaucoup aimé ce livre. Je ne suis pas écossaise, mais cela semble être un portrait assez fidèle d'une classe sociale délaissée, post industrialisation, et minée par le chômage et l'alcoolisme de ces années là. Après avoir lu l'assommoir de Zola, je me suis dis que 100 ans après, les choses n'ont pas fondamentalement changé.J'ai aimé la profondeur des personnages : On a souvent le point de vue d'Agnès, on comprend comment elle en est arrivée là, j'ai aimé la description du climat social, des relations humaines, des mécanismes de l'addiction, tout cela mêlé d'amour maternel et surtout de l'amour d'un fils pour sa mère.
J'ai apprécié par moment la personnalité de cette femme, pourtant dans un état souvent déplorable, sa fierté, et la fierté qu'elle a réussi à transmettre à son fils. Apparemment, c'est largement autobiographique. Bref, si vous n'avez pas peur d'être tristes, je vous recommande chaudement cette lecture !