- Les marshalls Teddy Daniels et Chuck Aules sont envoyés sur Shutter Island pour mener l’enquête dans une institution psychiatrique où sont enfermés les plus dangereux patients des Etats-Unis. En effet, une patiente a mystérieusement disparue. La tension qui règne sur l’île à leur arrivée et l’ambiance malsaine des lieux vont jouer sur leurs nerfs au fil de l’enquête, une enquête qui n’est pas le seul motif de présence du marshall Daniels, qui cherche également à retrouver l’assassin de sa femme.
Autant le dire, il s’agit là d’un des tout meilleurs polars que j’ai pu lire, la « faute » au mélange des genres, où enquête, folie et paranoïa s’imbriquent étroitement. Si l’adaptation de Martin Scorsese, avec Di Caprio dans le rôle de Teddy Daniels, m’avait beaucoup plu, je dois dire que je n’en gardais pas un souvenir extrêmement précis. De quoi donc se replonger dans les abîmes de la folie, qui semble habiter Shutter Island.
Le mécanisme du récit est bien pensé, particulièrement dans le double jeu de Chuck Aules/Sheehan et dans la révélation que les choses ne sont pas forcément ce qu’elles semblent être.
Curieusement, on en arrive à éprouver de la pitié pour Teddy Daniels/Andrew Laeddis, qu’on voit retrouver sa lucidité, avant de rebasculer une dernière fois, dans le dernier chapitre. Car là se trouve tout l’intêret du fil : cette avancée sur le fil de Daniels, qui traque et le patient disparu, et l’assassin de sa femme, qui sont une seule et même personne, lui. Et on se laisse prendre à cette question : au fond, Daniels est-il vraiment fou, ou bien les autorités locales font-elles tout pour le lui faire croire ?
Une fois lancée, la machine implacable du récit ne peut être stoppée avant le mot « Fin ».