Blaise et Djen sont deux adolescents amoureux qui vivent dans une petite banlieue et attendent un enfant. Mais devant la perspective de devoir élever un enfant sans le sou, Blaise accepte d'aider Bobby, son ami, qui l'entraîne dans un coup pour le compte d'un narcotrafiquant. Bobby et Blaise vont devoir tuer quelqu'un en échange de 50 000 euros.
Le roman de Fanny Taillandier est écrit à la première personne et l'on alterne entre le point de vue de Blaise, qui se laisse entraîner malgré lui et décrit le périple mystérieux qui le guide vers sa cible ; et celui de Djen, enceinte, qui mène l'enquête de son côté sur le commanditaire tout en s'occupant de sa grossesse et de sa mère partie voir sa sœur à l'hôpital.
Le ton et le vocabulaire sont donc ceux de l'adolescence dans un mélange de littérature et de langage parlé qu'on appréciera plus ou moins selon notre sensibilité. Cela est cohérent dans un roman à la première personne qui veut coller au plus près de l'intimité et de la personnalité de ses personnages mais cela occasionne aussi quelques dissonances voir même quelques aberrations comme ce moment où Blaise dit se traiter de chiffe molle mais en fait a pensé au mot "PD" mais ne veut pas le dire car c'est homophobe. Dans le contexte c'est un peu étrange, d'autant qu'il n'hésite pas à employer le mot "pute" un peu plus loin.
Quoiqu'il en soit l'aventure n'a au final que peu d'intérêt, les personnages secondaires sont trop insignifiants et trop légèrement traités pour que l'on s'y intéresse ; les narcotrafiquants n'apparaissent jamais réellement comme des être guère plus dangereux que menaçants pour que l'on tremble pour nos protagonistes ; l'histoire ne nous emmène pas assez dans ce monde de violence et de mauvais choix portant à conséquences graves pour que l'on ne puisse plus s'en détacher (heureusement le tout fait moins de 200 pages), bref il n'y a pas grand chose à sauver. Pire l'autrice mâtine son intrigue d'une couche anticapitaliste primaire et superficielle...
On a l'impression d'un livre écrit pour les jeunes à base de références grossièrement placées au rap, aux jeux vidéos et à Scarface dont je ne retiens qu'une jolie formule concernant Blaise qui dit qu'il va devenir père sans jamais avoir été fils.