La série Silo sur Apple TV m’ayant convaincue cette année, j’ai voulu découvrir le roman dont elle est tirée.
Commençons par une déception : les personnages. Là où la série a bien pris le temps de développer les personnages principaux et secondaires (ce qui donnait cependant lieu à quelques longueurs et bavardages inutiles au milieu de la saison 1), le roman les a rendu bien plus fades. Les "méchants" souffrent particulièrement de ce manque de développement : Bernard est ici beaucoup moins manipulateur, avec une aura beaucoup moins malsaine, et peu de charisme. Sims, le responsable de la sécurité du D.I.T, impressionnant physiquement et vraiment inquiétant à l'écran, est ici cantonné à un rôle de bien moindre importance, réduit à sa profession, là où la série aborde sa vie en dehors de ses fonctions aux D.I.T.
Ensuite, le style d'écriture est assez moyen. Ce n'est pas complètement rédhibitoire non plus, mais il vaut mieux ne pas s'attendre à une grande prose. Les chapitres sont courts et s’enchaînent néanmoins bien, le côté roman d'aventure reste assez plaisant et on dévore assez rapidement les pages, porté par la curiosité suscitée des 2 premiers chapitres intenses et prometteurs racontant l'histoire du shérif Holston.
Dit comme ça, le roman ne donne pas plus envie que ça non plus, et pourtant je conseille vraiment de s'y accrocher car je trouve que l'univers a énormément de potentiel. En fait ça m'a fait penser à Snowpiercer : il y a cette même idée d'un système où les habitants sont reclus, fait pour que les différents étages ne se parlent pas, sous prétexte d'une catastrophe écologique extérieure qui menace l'ordre et la sécurité des habitants, mais qui arrange finalement bien ceux qui sont aux commandes du silo. Ça parle de lutte des classes, de ce que les travailleurs des Machines ont à gagner mais aussi à perdre en se soulevant contre ceux d'en haut, de la captation du savoir par les dirigeants qui considèrent les ouvriers comme de simples et rustres exécutants, de révolution. J'ai beaucoup aimé l'accent mis par l'auteur sur la débrouillardise des personnages pour accéder à ce savoir dont ils sont volontairement privés, par exemple avec le personnage de Lukas qui cherche à comprendre le fonctionnement des étoiles, en jouant un peu sur la zone grise du règlement du silo qui proscrit globalement toute discussion au sujet du monde extérieur entre les habitants.
Un aspect qui aurait pu être exploité (et qui est effleuré dans la saison 2 de la série), c'est le rapport aux arts. À quoi ressemblerait un monde sans culture, sans musique ?
Je pense que je vais lire les 2 autres tomes de la trilogie pour voir à quel point l'univers a été exploité. En tout cas, je conseille la lecture de ce livre, qui se complètent mutuellement très bien avec la série.