En 2354, les Etats n'existent plus. L'Europe est organisée en cités indépendantes élevées sur des tiges ou protégées dans des bulbes. Durant une nuit (noire) les Cattaneo massacrent la guilde d'asassines Sintonia de Venise. Seules 4 sœurs survivront, chacune convaincue d'être l'ultime représentante de la lignée. Talia part à Amsterdam chercher du soutien auprès de lointaines cousines, Agnese vogue dans les flux d'informations, Reyna est sequestrée, et Azzura entame une reconversion professionnelle.
Le lecteur suit donc quatre histoires convergeantes, dans un futur qui fait échos aux enjeux d'aujourd'hui (pollution, transhumanisme). La société est façonnée par les nanites, sorte de nanoparticules utiles pour la santé, le BTP et le scénario. Les phrases sont parfois pompeuses : à côté des superlatifs, on trouve des mots fort en goût : les ateliers "regorgent" d'oeuvres, les serres "regorgent" de plantes, les foules sont "en liesse", les blancs sont "immaculés". Les tics de langage deviennent visibles, c'est sans doute inévitable passé un certain nombre de pages.
Mais même dessiné avec la finesse d'un feutre indélébile, le dessin reste agréable à voir. L'intrigue se déroule en souplesse, tout en ménageant des surprises. L'adversité permettra notamment à deux sœurs de s'émanciper du cadre étouffant qui avait été le leur au sein de la guilde, offrant ainsi une belle illustration de l'équilibre entre liberté individuelle et besoin d'appartenance.