Voilà un livre que je pensais dévorer d'une traite, et qui m'a en fait rendue complètement chèvre. Il y a des livres, plus vous les lisez, plus vous vous sentez intelligente, certains au contraire sont tellement débiles qu'on sent son intellect se rétracter et se bêtifier. Solaris rentre dans une troisième catégorie : celle où plus vous lisez plus vous avez l'impression d'être stupide parce que vous ne comprenez rien (et genre vraiment rien). C'est arrivé à la page 265 (sur 323) que mon cerveau comprit enfin ce qui se passait : non ce livre n'est pas un livre de science-fiction (enfin si) mais il est surtout un livre de philosophie (et je pense avec le recul que c'est pour ça que je n'ai pas mortellement accroché).
Sur le papier, il avait tout pour me plaire, et j'ai lu dans une critique que Solaris n'était pas à réserver aux néophytes en SF du fait de sa forte masse d'informations scientifiques. Et effectivement, je confirme. Le roman m'a été recommandé par un professeur de mathématiques qui adore se retourner le cerveau sur des problèmes scientifiques existentiels, et j'ai compris ce qu'il voyait dans ce roman : c'est de la poésie scientifique pure. Mais pour quiconque y est hermétique (genre moi), c'est abscons au possible. De manière générale je suis larguée lorsque les romans de SF se lancent dans la partie scientifique mais, jusqu'à maintenant ça m'avait toujours passionnée, réconciliée avec les sciences même. Là j'ai trouvé l'ensemble interminable et je n'ai tenu jusqu'au bout que parce que le livre m'avait été prêté. On est sur de l'étude planétaire sous tous ses aspects (y compris ses interactions avec les terriens qui la visitent) plus que sur un récit avec scénario. Autant je peux faire avec en préambule d'une longue saga, autant comme il s'agissait du propos principal de l'histoire complète, ça m'a paru trop difficile. Les dialogues sont rares, l'action aussi d'ailleurs (je sais que ça a été adapté deux fois en film, je ne comprends pas ce qu'ils ont mis dans leur film le héros passe la quasi-totalité de son temps à lire). C'est assez décourageant car en plus on (je) ne comprend rien à ce qui se trame réellement. Ce n'est donc que vers la fin qu'on finit par comprendre les réactions du personnage et surtout ce que l'auteur essaye de démontrer par ce biais.