Première rencontre pour moi avec l'autrice russe Ludmila Oulitskaïa. "Sonietchka" est un court roman qui m'a laissée sur ma faim. Il aborde des thèmes vraiment intéressants comme la vie en union soviétique, les rapports familiaux, l'impact de la politique sur la vie quotidienne, l'éducation, l'amour filial, etc. mais hélas, en 110 pages, difficile de développer et d'approfondir tout cela, à mon grand dam.
Les connexions entre les quatre principaux personnages m'ont fait penser à un vaudeville alors que ce n'est pas du tout l'état d'esprit et l'objectif de l'autrice. Le roman est sombre, jamais illuminé par quelque éclaircie que ce soit ; les destins sont plombés, à deux doigts d'une forme de don pour le malheur ou de malédiction.
La figure centrale de Sonia, "Sonietchka", ne suscite guère d'empathie ; une femme qui fait de son mieux, tout au long de sa vie, pour tirer son épingle du jeu et s'accommoder de situations anormales pour préserver un semblant de bonheur. Une existence entièrement faite de résignation, de servitude et d'abnégation envers son mari, sa fille et l'amie de cette dernière, accueillie comme une enfant perdue à adopter.
Une lecture un peu désespérante car on ne sait pas trop où elle nous mène. Un récit à saisir comme on contemple une peinture naturaliste, un sens de la vie à chercher dans une quête d'un bonheur à protéger.