En finissant ce livre je réalise que je l'avais déjà lu... Damn...Voilà qui en dit long sur l'énorme impact qu'il a sur son lecteur... Pourtant-il s'agit bien de l'excellent Robert Silverberg, un grand nom de la SF ( "L'homme dans le labyrinthe" par exemple). "Starborne" est le genre de SF qui fait plaisir : un vaisseau spatial (qui ressemble à rien d'ailleurs, à une raffinerie peut-être, file dans l'hyper-espace, à la recherche de la planète qui deviendra la première colonie humaine. Enfermé dans ses entrailles, une cinquantaine de personnes, sur-entraînées, compétentes, courageuses, la fine fleur d'une humanité en perte de vitesse et désespérée de retrouver un second souffle.
Silverberg trace un portrait pas désagréable de cet équipage de pionniers, donnant parfois à cette aventure un petit air de télé-réalité (machin qui couche avec machine qui largue chose qui colporte des rumeurs sur bidule etc.. ), mais c'est fait sans trop d'emphase et finalement on s'y fait presque. Le destin du vaisseau est lié (par télépathie, une entorse fâcheuse au séreux du livre) à une Terre moribonde de satiété, où faire des enfants est le genre de désagrément que la population préfère éviter, un monde de vieux riches blasés , où il ne reste que quelques millions d'individus, dont l'ennui contraste avec la vie interne du vaisseau... Beaucoup de psychologie de couple donc, dont on s'enfuie avec une ou deux explorations planétaires peu passionnantes.
J'aimais bien le côté hard-science du livre, son absence d'humour, l'explicitation assez rationnelle du contexte , des machines, de la recherche des exo-planètes etc... Les membres d'équipages sont des gens sérieux, pas des psychopathes héroïques et on a droit à des votes, des célébrations alcoolisées, des débats, une saine vie de scientifiques. Hélas, le livre donne sur un final trop grandiose, trop fantasmatique, qui laisse à penser que ce que l'auteur a fumé est de première qualité. Une curiosité qui fera plaisir à ceux qui aiment les vaisseaux spatiaux (celui-ci a une piscine olympique!) , mais laisse un peu sur sa faim...