Arula Ratnakar, neuroscientifique à Boston, et autrice de hard SF à ses heures perdues sait une chose : la science n'est pour elle, pas un décor, c'est une façon d'être au monde. Et ça change tout.
En 95 pages, elle fait tenir l'identité, la mémoire, l'éthique, le rapport au vivant et une histoire d'amour. Certains critiques ont trouvé la romance trop rapide ou trop fleur bleue... (L'amour est l'enfant pauvre de la culture alors que cela devrait être notre moteur le plus puissant.) C'est rater le propos : quand on vit les souvenirs intimes de quelqu'un d'autre, d'où vient l'amour qui naît ? Est-ce le tien ou le leur ? C'est précisément cette question qui est belle, et Ratnakar ne la résout pas — elle la pose et te laisse avec.
La confrontation entre la science et le vivant n'est pas métaphorique ici — elle est littérale, incarnée, et c'est ce qui fait tenir l'ensemble sans que rien ne déborde.