Les premières pages sont, ma foi, profondément traumatisantes. On y découvre le suicide de son meilleur ami, et la manière dont la scène est écrite, l’atmosphère qui s’en dégage, sont à la fois stupéfiantes, terrifiantes et bouleversantes. On a l’impression de vivre la scène en même temps que l’auteur, comme si le texte abolissait toute distance.
Le reste du récit prend alors la forme d’un portrait : une description de ce qu’était cet ami, ponctuée d’anecdotes souvent touchantes, parfois même chaleureuses. Mais ce qui domine surtout, c’est la douleur immense de l’auteur face à cette perte. Elle transparaît à chaque ligne. On la ressent avec lui, presque physiquement. Et lorsque l’on connaît le destin ultérieur de l’auteur, le texte en devient encore plus bouleversant.