Je clôture mon année littéraire avec sans conteste le plus beau livre que j’ai lu cette année ; un livre qui pourrait bien être également le plus beau que j’ai lu tout court : Suite inoubliable de Akira Mizubayashi, un auteur japonais qui, non content d’écrire en français, maîtrise notre langue à la perfection et érige des phrases d’une beauté à couper le souffle.

Son talent est tel que d’un schéma somme toute très classique (différentes temporalités, une lettre retrouvée par hasard des dizaines d’années après qu’elle a été écrite, des liens familiaux insoupçonnés entre les personnages de ces différentes temporalités), il parvient à tirer un chef-d’œuvre qu’il est impossible de lâcher – ce roman, véritable ode au violoncelle et à la musique en même temps que plaidoyer contre la guerre, est tout bonnement extraordinaire.

Qu’elle soit rock ou classique (béni soit mon éclectisme qui me permet d’avoir une ouverture d’esprit qui m’ouvre d’infinies perspectives), j’aime la musique plus que tout  et ce roman hommage à mon deuxième instrument préféré – après la basse – m’a transporté. Akira Mizubayashi maîtrise son sujet, cela se sent, et l’érudition qui en résulte est jubilatoire.

Et puisqu’il en est beaucoup question dans le roman, j’ai lu ce livre en écoutant les Suites pour violoncelle seul de Bach, que je connaissais déjà mais que j’ai redécouvertes pour l’occasion, Akira Mizubayashi leur consacrant de longues analyses enflammées. Quelle combinaison prodigieuse, quel moment de grâce infime, intime et merveilleux pour accompagner 2025 dans son dernier souffle, loin du tumulte inhérent à la période – un tumulte que j’abhorre et fuis de toute mon âme, au contraire de la solitude du lecteur qui me nourrit de tant de choses. Au moment de refermer ce livre extraordinaire, je me trouve dans un état second proche de l’extase que je n’ai pas du tout envie de quitter même si, malheureusement, il le faudra bien…

J’aime la littérature pour cela, sa capacité à susciter en moi de telles transes, organiques et orgasmiques.

Cortex69
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le 30 déc. 2025

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Cédric Moreau

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