Dans un village de Galice, Tomas apprend qu’il est atteint d’un cancer.
Au même moment, il se laisse happer par son désir pour une jeune serveuse étrangère, solitaire et un peu perdue.
Leurs trajectoires vont se croiser et bouleverser leurs existences bien au-delà de ce qu’ils auraient pu imaginer.
Difficile, au premier abord, de voir dans ce récit une histoire d’amour… et pourtant.
Ce roman est une véritable déflagration émotionnelle, lorsque deux êtres fracassés se rapprochent au-delà des barrières de la langue, des convenances et de leurs blessures.
Il y a d’abord ce rapport âpre au désir, cette pulsion charnelle presque brutale, teintée d’une forme de soumission trompeuse. Puis les histoires personnelles se dévoilent, se répondent et s’entremêlent dans une complémentarité imparfaite mais profondément bouleversante.
Petit à petit émergent les attentions discrètes, la tendresse, le besoin de l’autre, cette sensation d’ancrage qui dépasse largement la possession ou l’attirance physique.
Mais la maladie, elle, avance en silence. Injuste. Inéluctable. On ressent alors l’urgence, la détresse, mais aussi cette volonté de protéger l’autre coûte que coûte, derrière les secrets soigneusement enfouis.
L’écriture de Bénédicte Belpois est d’une grande sensibilité, à la fois brute et délicate, portée par une intelligence émotionnelle remarquable.
On aimerait retenir ces personnages, les voir consolider ce qu’ils construisent ensemble… jusqu’à cette fin qui nous rattrape et nous laisse profondément bouleversés.
Les Personnages :
Tomas : homme confronté à la maladie, il oscille entre désir, peur et besoin d’attachement.
La jeune serveuse : étrangère solitaire et cabossée par la vie, elle porte en elle une profonde fragilité.
Le village galicien : presque un personnage à part entière, il enveloppe le récit d’une atmosphère rude, intime et mélancolique.