Sukkwan Island, c'est l'histoire d'un homme à la dérive qui décide de repartir de zéro. Pour cela il emmène son fils dans un endroit reculé aussi magnifique qu'effrayant. L'objectif ? Vivre en autarcie pendant un an, pour se prouver à lui-même qu'il peut changer mais aussi redécouvrir son fils, cet être lointain sur lequel il n'a plus de prise.
Ce livre m'a bouleversée. J'ai été surprise par la capacité de l'auteur à retourner la situation. Avec une histoire au final assez classique, (un homme qui part se ressourcer dans un endroit isolé, c'est assez courant dans la littérature américaine, encore plus dans les récits de la maison Gallmeister), l'auteur nous offre une fin de première partie magistrale et surprenante ! On doute, on se questionne: comment la mère a -t- elle pu laisser son fils avec le père? Comment aurait-on réagit à la place du fils? Le père est il si condamnable? L'histoire aurait pu avoir une autre issue?
L'écriture quant à elle est glaciale, chirurgicale, en totale accord avec cette nature hostile.
Seul bémol, la deuxième partie s'étire légèrement en longueur, ce qui n'était pas forcément nécessaire pour cerner le père, son irresponsabilité, son égoïsme voir son égocentrisme.
Mais que cela n'arrête personne, ce livre est pour moi un des livres à lire absolument, tant pour l'ambiance que pour la prose!