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Ezra s’apprête à s’immoler par le feu : voilà le drame qui est annoncé dès le début du récit. On remonte dès lors le fil de sa vie à travers des écrits, façon journal intime, très fouillis et désordonnés. Le problème, c’est que j’ai moi-même vite perdu le fil.
Ce qui ressort immédiatement de ces fragments de vie, c’est qu’Ezra s’est toujours senti en décalage avec les autres, dans une société qui ne le comprend pas ou le rejette (des thèmes assez classiques, au fond) pour qui il est : juif, homosexuel, progressiste. Une mère partie du jour au lendemain, un père qui se réfugie dans la religion, des relations amoureuses qui ne durent pas, et même l’impossibilité de garder contact avec ses amis… Entre dépression, rejet des normes et toile de fond politique avec l’élection de Trump, on suit un personnage qui va mal, mais qui reste très lucide sur lui-même.
On retrouve aussi une critique acerbe du puritanisme et de l’individualisme qui habitent la société américaine (et peut-être pas seulement américaine). Mais j’ai trouvé que cette narration éclatée dessert le récit : tout est souvent lourd, sans véritable respiration, on passe sans cesse du présent au passé au plus-que-passé sans vraie conclusion, et même si les nombreuses interrogations philosophiques du personnage sont touchantes tant elles sonnent juste, je me suis senti vraiment perdu. Je reconnais malgré tout le talent de la plume de l’auteur (et du traducteur), capable de retranscrire un mal-être profond avec des mots forts et des images marquantes.
Un OVNI, sans aucun doute. Mais comme souvent avec les OVNIs, il est facile de passer à côté.
(les couvertures de cette maison d’édition sont vraiment trop belles)
Créée
le 18 avr. 2026
Critique lue 3 fois
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