On peut lire beaucoup de chose dans Tartarin de Tarascon: un tableau peu flatteur du Provencal beau parleur, une satire des aventuriers de pacotille voire même une critique de la colonisation de l’Algérie. C’est dans doute cela mais c’est surtout un
personnage aussi unique qu’attachant.
Jonathan Safran Foer disait dans une interview (citée par Catharina Valckx) que la morale de ses histoires consistait dans l’attention et l’amour portés à ses personnages.
C’est je crois la grande qualité de Tartarin de Tarascon. La naïveté totale du personnage principal,conjuguée à son va-t en guerrisme aurait pu en faire un simple pigeon, arrogant, belliciste, bref insupportable. Il est au contraire touchant dans son ridicule, sympathique dans ses gloires en carton. Il y a du Don Quichotte en lui, mais aussi du Madame Bovary et du Bourgeois Gentilhomme. On a le sourire au lèvres en lisant ses
mésaventures mais une part de nous ne peut s’empêcher de l’aimer. Un peu comme le drôle de chameau qui se prendra d’amitié pour Tartarin.