Je l’avais lu il y a longtemps, je ne me souvenais pas de tout même si des images me sont revenues.
Je n’avais, finalement, gardé que l’essentiel – cette capacité à se télétransporter et un très bon souvenir.
Pas étonnant : le tranzit prend beaucoup de place dans l’histoire et il y a beaucoup de bons moments.
Basé sur le comte de Monte-Cristo, cette histoire est un feu d’artifices d’idée !
Le gouffre Martel où ils sont enfermés, le cirque de Foyle et ses extravagances, l’aveugle albinos qui voit les infra-rouges, la télépathe qui ne peut retenir ses pensées, le tatouage indélébile qui apparaît sous les fortes émotions, les « scientifiques » sur leur planète, l’homme de feu ou l’autre irradié qui ne peut rester que 30 minutes en minutes en compagnie des autres, les gens qui se sont privés de tous leurs sens…
Il y a des idées à foison.
Peut-être trop.
Pas mal de fois, il m’a fallu un temps pour m’adapter à une ellipse tombée là par hasard ou un nouveau personnage.
Dur à suivre.
Et puis je reconnais le talent de Bester à faire vivre son personnage qui est pourtant imbuvable.
Peut-être trop.
Violent, irascible, misogyne, il a tous les défauts et c’est assez dur de le suivre autrement qu’avec détachement, sans empathie.
Les gens changent aussi assez souvent d’avis, brusquement.
Peut-être trop.
Ils passent d’un extrême à l’autre, la dame est fin amoureuse, le hait prodigieusement, veut tout faire pour le sauver, ne veut que sa mort…
Ils sont tous un peu bipolaire…
La détermination de Foyle est intéressante – j’ai pas lu avec assez d’assiduité Monte-Cristo pour voir où est le plagiat de l’inspiration.
Peut-être trop.
Il est plus qu’obnubilé par sa vengeance, il ne vit que pour ça au point qu’il survit à tout sans logique et dans l’excès.
Mais au final, on en prend plein la vue et il reste que ce bouquin est fichtrement inventif et me laisse le sentiment d’être rassasié.