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le 10 mai 2018
SuivreLa relève est assurée
En 2007, le monde de la Fantasy était en deuil : après avoir perdu Leigh Eddings, Robert Jordan succomba d’une maladie rare, laissant derrière lui des lecteurs chagrinés. Mais il avait une dernière...
Il serait facile de voir dans l'excellence de cet antépénultième volume la touche habituelle de Brandon Sanderson, qui semble transformer tout ce qu'il écrit en or. Ce serait pourtant faire abstraction des nombreuses (et probablement foisonnantes) notes prises par Robert Jordan pour permettre à son successeur de terminer l'histoire commencée en 1990.
Certes, Sanderson n'écrit pas de la même manière que Jordan. Le changement est perceptible mais bien plus subtil qu'on pourrait s'y attendre et montre bien le respect de Sanderson pour l'auteur et la saga avec laquelle il a grandit. Les phrases sont plus courtes, l'écriture plus aérée, mais le vocabulaire et le rythme global du texte conservent les habitudes de Jordan.
La fidélité est également présente dans le contenu, notamment sur le plan des émotions et turpitudes intérieures des personnages, au point qu'on passe sans le moindre heurt de Knife of dreams à ce nouveau volume. La continuité est parfaite de ce point de vue, et on continue l'aventure sans être perturbé le moins du monde. Je reste admiratif devant l'effort de Sanderson pour adapter son écriture à la saga : au-delà du respect déjà mentionné, ça demande une connaissance profonde du style de Jordan et surtout une maîtrise totale de sa propre écriture.
Si la succession est réussie, c'est avant tout car elle s'efface pour laisser place à l'histoire. Premier tiers de la conclusion (découpée en raison de sa taille, plus de 2500 pages au total), The gathering storm explose dans un feu d'artifice high fantasy comme j'en ai rarement lu, résultat de l'entonnoir gigantesque constitué au fur et à mesure des années qui sert désormais de guide à une avalanche aux proportions épiques. On franchit encore un cran par rapport à Knife of dreams, que ce soit dans l'action, les tractations, les émotions... c'est l'ensemble du monde créé par Jordan qui tremble, ses secousses étant d'autant plus intenses qu'elles touchent des fondations qu'on a intégrées pendant des milliers de pages.
Jusqu'au volume précédent, l'attrait de la saga résidait à mes yeux dans sa densité, sa capacité à se raconter sur la longueur, plutôt que par ce qu'elle racontait. C'était faire abstraction d'un élément qui saute aux yeux en lisant The gathering storm : l'histoire ne fait que tendre vers son final, Tarmon gai'don, annoncé dès le début, et c'est cette conclusion qui éclaire le reste et permet à la saga de surplomber la plupart des autres oeuvres du genre. Après tout, un cercle incomplet n'est qu'une courbe plus marquée que les autres...
Dire qu'il me reste encore deux volumes à lire !
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 7 avr. 2020
Critique lue 206 fois
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