J'étais très enthousiaste de démarrer cette lecture, dont le pitch présageait de l'original, de l'émotion et du suspens. La quatrième le compare même à la Servante écarlate, un roman que j'avais adoré, c'est pour dire ! J'en ai lu les 50 premières pages, et ça a été une catastrophe. En effet, on ne peut le deviner dans le pitch, mais l'auteur prend le parti de laisser transparaître le manque d'éducation de l'héroïne à travers sa plume. Il s'agit là d'un monologue à la première personne, où le personnage de Moïra raconte son histoire. Cet effet de style se traduit par des erreurs volontaires dans la syntaxe, la grammaire, la conjugaison... et ça en devient malheureusement une torture à lire sur la longueur. Là où cet effet pouvait être intéressant dans Des fleurs pour Algernon, par exemple, qui n'était présent qu'au début et à la fin, j'ai constaté avec dépit que l'autrice était restée sur ce choix sur toute la durée du roman. Pour moi qui affectionne les beaux textes, il m'a été impossible de poursuivre. Pourtant, le fond était vraiment intéressant... mais la lecture trop pénible. Un narrateur externe à la troisième personne aurait mieux convenu. L'auteur a voulu faire orignal, mais ça en devient indigeste. Rien à voir donc avec la plume de Margaret Atwood dans la servante écarlate, si belle et poétique.
Cet effet de style gênera sans doute moins les lecteurs moins attachés à la forme.