Écrit pendant la pandémie, entre deux volumes de ses séries plus ambitieuses, Tress de la mer Emeraude est presque un accident. La récréation d'un auteur qui cherche, comme il l'explique en postface, "échapper à ses obligations". Un projet gardé secret, puis financé de façon participative, pour y subir le moins possible de pressions éditoriales. Il en ressort un projet un peu fou, résolument léger. Une histoire de pirates et de voyageurs planétaires, de sorcières et de dragons, de rats parlants et d'amour. Si l'univers est bien moins abouti que dans ses séries phares Le Fils des Brumes et les Archives de Roshar, le roman perd en ambition narrative ce qu'il gagne en humour. Ce ton décalé, presque méta, lorgnant du côté d'un Terry Pratchett, m'a complétement séduite. Et comme Sanderson reste Sanderson, le système de magie assez simpliste au premier abord s'étoffe au fur et à mesure pour être exploité de manière tout à fait ingénieuse. Eh oui, on ne se refait pas ! Je ne peux donc que conseiller cette petite pépite, équivalent littéraire et fantasy d'un bon feel good movie : détente et sourire assurés !