Comment rester amies lorsque tout change autour de nous — et même en nous ?
C’est la question que soulève Judy Blume dans Trois amies. Ses héroïnes ont 13 ans : un âge charnière entre fin de l’enfance et début de l’adolescence . Là où Pour toujours explorait la fin de cette période, Trois amies en raconte les premiers frémissements.
Au cœur du roman, bien sûr, l’amitié — ce lien essentiel à cet âge. Celle de Stéphanie et Rachel, inséparables depuis toujours, se trouve bouleversée par l’arrivée d’Alison, qui transforme leur duo fusionnel en trio incertain. Mais ce n’est pas seulement l’arrivée de cette nouvelle venue qui met leur relation à l’épreuve : c’est surtout l’entrée dans l’adolescence elle-même. Les corps changent, les centres d’intérêt aussi. L’amitié se réinvente — moins dans les jeux partagés que dans les confidences, les discussions infinies sur les rêves, l’école, la famille, et bien sûr les premiers émois amoureux. C’est aussi le temps des premières désillusions — lorsque les parents de l’héroïne se séparent —, des premières révoltes, des secrets qui se tissent et parfois éloignent.
Trois amies est aussi le titre d’un très beau film d’Emmanuel Mouret. Blume et Mouret partagent bien plus qu’un titre : une même persévérance à creuser leur sillon — l’adolescence pour l’une, les histoires d’amour pour l’autre —, et une rare finesse dans l’exploration des émotions humaines.