La vie nous met face à deux genres de décision : celles dont on se félicite après coup, et celles que l’on regrette. Mon choix de me lancer dans la lecture de Ulysse fait indubitablement partie de la seconde catégorie, tant cette lecture s’est avérée être une odyssée fuligineuse. Car je dois bien l’avouer, malgré les 275 pages de notices et notes qui sont censées éclairer le lecteur, je n’ai pas compris grand chose au propos de James Joyce (les 80 premières pages sont tellement impénétrables que je me suis sérieusement demandé si je n’allais pas abandonner, et vous savez que je n’abandonne jamais une lecture, c’est dire).
Ulysse est présenté par son auteur comme une réécriture moderne de l’Odyssée d’Homère mais, croyez-moi, ceci est une facétie digne d’Homer (Simpson) car si je ne le sais pas avant, jamais je ne le devine. Là encore, l’appareil critique du livre est présent pour éclairer le lecteur, mais le parallèle reste malgré tout passablement obscur. La faute à un style beaucoup trop alambiqué qui cherche constamment l’épate au détriment de la fluidité ; le meilleur exemple de cette volonté d’esbroufe est ce dernier chapitre de 70 pages qui consiste en une une succession de huit phrases interminables, sans aucune ponctuation ni paragraphe. Indigeste !
Pour conclure – une fois n’est pas coutume – , je vais être un brin condescendant (j’assume) : je pense que toutes les personnes qui mettent 9 ou 10 à ce bouquin, c’est juste pour faire genre. Je ne peux pas croire un seul instant qu’on puisse mettre de telles notes à un bouquin que l’on ne comprend pas, et je ne peux pas croire un seul instant que ces personnes aient compris ce que raconte James Joyce (je suis loin d’être con et j’ai pourtant traversé ce pavé comme une âme en peine). À moins d’avoir fait une étude comparée des livres de Joyce et Homère pendant de nombreuses années, Ulysse est tellement obscur que c’est impossible.