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Le critique mis à nu par le père et par l’enfant, même.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/13/note-de-lecture-un-autre-monde-michka-assayas/
le 13 févr. 2016
Le livre se compose de deux parties bien distinctes. Une première dans laquelle l’auteur de l’incomparable « Dictionnaire du rock » raconte de manière chronologique sa découverte de la musique durant sa tendre enfance jusqu’à son entrée dans le milieu de la presse musicale. Il revient notamment sur le choc que constitué pour lui, dans les années 60, l’arrivée de la scène rock anglaise. Il se souvient de ses coups de cœurs musicaux de l’époque, de tous ces groupes qui n’ont cessé, par la suite, de l’accompagner : les Beatles, les Stones, les Beach Boys, Dylan, bien sûr, mais aussi Fleetwood Mac, Elvis Costello, T-Rex ou encore King Crimson…). Il se rappelle aussi de l’arrivée du punk et donc de son arrivée à la même époque dans la presse musicale et pour laquelle il semblait prédestiné.
Alors que son frère, Olivier, très tôt déterminé à faire carrière dans le cinéma, Michka, lui, excellent élève mais plutôt timide et réservé, a du mal à trouver sa voie. Finalement, sa passion dévorante pour la musique va le décider à pousser un jour la porte de la rédaction de Rock & folk qui finira par l’intégrer à son équipe. Commence alors pour lui une carrière de journaliste qui le conduira à Libération, aux Inrocks des débuts, chez Bernard Lenoir pour une chronique hebdomadaire, sur France Musique et enfin aujourd’hui à France Inter où il propose chaque dimanche à 16h un revue toute personnelle du rock d’hier et d’aujourd’hui.
La seconde partie du livre se concentre sur sa relation avec son fils Antoine. Adolescent turbulent, parfois incontrôlable comme beaucoup de jeunes à cet âge (je sais de quoi je parle), Antoine vole des objets de toutes sortes à son père, dont sa carte bleue pour effectuer des dépenses inconsidérées. Michka se rend compte alors que la communication ne passe pas si bien que ça avec ce fils avec lequel il entretient pourtant une forme de complicité… mais semble t-il biaisée. Au détour d’une discussion avec Bono, son ami de longue date, le chanteur de U2 lui conseille de trouver un centre d’intérêt commun avec son fils. Michka prend la chose au sérieux et profite de ses débuts en tant que musicien du dimanche pour tenter de reconstruire sa relation père-fils à travers une expérience musicale commune.
Piètre musicien depuis ses jeunes années, n’ayant jamais osé franchir le miroir, le journaliste se décide, la quarantaine bien sonné,e de se mettre enfin à la pratique et la création, d’abord sur ordinateur avec le logiciel Garageband puis en faisant l’acquisition d‘une guitare bass. Nait alors le projet Suis Bomba dans lequel Antoine joue de la batterie électronique. Le duo devient trio avec l’arrivée une jeune chanteuse no-punk qui sera remplacée par la suite par un ami guitariste.
Avec ce mélange d’érudition, de passion, d’honnêteté et de modestie qui le caractérise si bien, Michka Assayas raconte le cheminement qui lui a permis de franchir le pas, de se lancer dans cette expérience à la fois musicale et « thérapeutique », analysant avec uen étonnante lucide ses absences et ses ratés dans l’éducation de son fils.
Livre plein de tendresse, truffé d’anecdotes, de souvenirs des plus divers, sans jamais se la raconter, le journaliste dresse un bilan lucide et très touchant de cette expérience en forme de révolution personnelle. Sans réelle nostalgie ni mélancolie, l’auteur d’Exhibition nous laisse, une fois le livre refermé, l’image d’un homme bienveillant, plus que jamais amoureux de la musique et toujours avide, à 57 ans, de sensations nouvelles et de découvertes. A retrouver sur BENZINE
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Créée
le 9 févr. 2016
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