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13 critiques
Des longueurs…
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le 10 oct. 2013
Un avion sans elle est un roman qui se lit vite, porté par une intrigue au suspense bien huilé. Pourtant, si la forme est efficace, le fond m’a profondément mis mal à l'aise. Certaines thématiques abordées m’ont semblé problématiques, voire franchement dérangeantes.
Le roman repose sur un mystère captivant : une fillette, unique survivante d’un crash, se retrouve à la croisée de deux familles qui revendiquent sa filiation. L’idée est forte, et on s’attend à suivre cette jeune fille dans une quête d’identité poignante et centrale. Or, c’est l’un des plus gros points faibles du livre : le personnage principal, censément au cœur du drame, est relayé au second plan. Sur soixante chapitres, à peine une poignée lui est réellement consacrée. Sa trajectoire, son vécu, son évolution psychologique sont à peine esquissés, comme si elle n’était qu’un prétexte narratif à l’enquête menée par des personnages masculins bien plus développés. Une occasion manquée.
Mais ce qui m’a le plus dérangé, c’est la relation mise en avant entre deux personnages élevés comme frère et sœur. Même s’ils ne sont pas liés biologiquement (et le roman en fait tout un plat), ils ont grandi ensemble, dans la même famille, avec des liens affectifs et éducatifs forts. Leur histoire d’amour, leur sexualité, et surtout leur décision de faire un enfant à 18 et 20 ans, sont présentées sans aucun recul. Le fait que la jeune femme envisage d’avorter, pensant être enceinte de son frère, est balayé dès que le garçon se lance dans une quête désespérée pour prouver qu’ils ne sont “pas du même sang”. Cette course contre la montre, motivée uniquement par le désir de garder le bébé, m’a mise mal à l’aise.
Car au fond, cette partie de l’intrigue véhicule un message implicite et inquiétant : si l’enfant n’est pas biologiquement incestueux, alors tout est sauvé, et on doit aller jusqu’au bout de la grossesse, malgré l’âge, les circonstances, les études en cours, et l’immense flou émotionnel qui entoure la situation. L’avortement devient une menace à éviter, un échec à contourner, au lieu d’être présenté comme un choix légitime. Le roman semble ainsi épouser une vision assez pro-vie, où la maternité est glorifiée quoi qu’il en coûte, et où le libre arbitre de la jeune femme est réduit au combat d’un homme pour "sauver" leur bébé.
En bref, Un avion sans elle aurait pu être un bon thriller psychologique, mais il échoue à proposer une réflexion juste et nuancée sur des thèmes aussi puissants que l’identité, la famille, la maternité ou les liens affectifs. À trop vouloir faire dans le sensationnel, Bussi passe à côté de la profondeur, et flirte avec un romantisme malsain et une morale douteuse. Dommage.
Créée
le 18 juil. 2025
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