Un diamant gros comme le Ritz par Pelomar
"Un diamant gros comme le Ritz" est le titre d'une nouvelle de Fitzgerald qui a donné son nom à l'ensemble du recueil. Bon, d'un côté je comprends très bien pourquoi l'éditeur a choisi d'utiliser le titre de cette nouvelle pour titrer le recueil : c'est intriguant, ça claque, et ca incite vraiment le badaud à sortir le bouquin de son étagère (je le sais : c'est ce qui m'est arrivé). D'un autre côté, cette nouvelle est tellement différente de toutes les autres que je trouve légèrement malhonnete de l'avoir utilisé pour titrer le recueil.
"Un diamant gros comme le Ritz" -la nouvelle- raconte la rencontre entre un adolescent et une richissime famille qui vit sur une montagne constituée d'un unique diamant. C'est imaginaire, très poétique, assez sombre, et pas du tout représentatif du reste des nouvelles de Fitzgerald.
Le reste des nouvelles, c'est essentiellement des histoires d'amour impliquant la haute société américaine et :
1) Commencant mal
2) Se terminant mal
3) Les deux à la fois
4) Semblant bien se passer au premier abord, tout en étant inexplicablement déprimantes.
Et c'est bien. Ce regard sur une époque et une société qui fait encore rêver tout le monde (les fringues classes, les sorties au club des anciens de Yale, les réceptions grandioses, la ségrégation, tout ça quoi) est hyper-accrocheur, et la vision désabusée de Fitzgerald renforce ce caractère nostalgique. Ce n'est jamais dépeint de manière positive, mais ça fait rêver quand même.
Surtout, Fitzgerald est un maitre de la mélancolie. Pratiquement toute ses histoires en sont empreintes, et même les nouvelles fortement inspirées de sa propre enfance gardent ce parfum. Tout en tournant systématiquement autour du même thème, les nouvelles sont assez variées dans leurs situations et leurs personnages, mais gardent systématiquement ce sentiment de "Comment être riche et malheureux pour les nuls". C'est jamais forcé, et toujours foutrement efficace.