Grand fan de films d'horreur devant l'éternel, je n'ai pourtant jamais osé visionner Vermines, et ce malgré les nombreuses critiques élogieuses qui ont accueulli le film à sa sortie, en 2023. La raison ? Ma phobie des petites bêtes disgracieuses qui pullulent dans la nature, et plus particulièrement des araignées (ces dernières sont énormes dans le film de Sébastien Vaniček) ; une phobie qui me fait redouter de passer quelques jours (semaines ?) à inspecter compulsivement les moindres recoins de mon appartement et quelques nuits blanches si je m'aventurais à avoir l'outrecuidance de la sous-estimer. En revanche, cette peur irrationnelle ne m'a pas empêché de lire Un(e)secte, roman de Maxime Chattam publié en 2019 et qui, comme son titre le laisse entendre, grouille également de vermine chitineuse. La lecture n'imposant pas d'images, je me suis dit que je pourrais « bloquer » mon cerveau lors des scènes où les arthropodes surgiraient d'entre les lignes... Que je suis naïf !
Car dès le prologue qui décrit l'attaque coordonnée d'une araignée et d'un mille-pattes sur une vieille dame plongée dans un roman où des insectes fondent sur un enfant (la double mise en abyme est effrayante !), le ton est donné et l'impression que des bestioles fourmillaient sur ma peau m'a instantanément saisi pour ne plus me lâcher. Et pourtant, j'ai eu beaucoup de mal à me départir de ce livre, tant il est prenant : c'est assurément l'un des meilleurs Chattam que j'ai lu. Le romancier herbalysien maîtrise la formule qu'il déroule depuis près d'un quart de siècle maintenant, et sait parfaitement instiller une ambiance poisseuse tout comme donner naissance à des personnages à la psychologie fouillée. Et lorsque ces acquis fusionnent avec une histoire bien troussée (ce qui n'est pas malheureusement pas toujours le cas avec Chattam), il en résulte alors un plaisir de lecture certain.
En définitive, que vous soyez effrayés ou pas par les insectes, peu importe. Un(e)secte est un très bon roman et il serait dommage de passer à côté.