Ça fait plus d'un an que j'ai lu ce roman et mes souvenirs ne sont donc pas tout frais, mais ç'avait été un réel coup de coeur et je viens de voir qu'il n'a aucune critique, trop injuste ! ;) Je vais donc faire au mieux pour lui mettre quand même un avis, même court.
La première magie d'Estelle Faye, ce sont les lieux enchanteurs qu'elle imagine – pas forcément enchanteurs dans le sens d'agréables, mais plutôt de saisissants. Le périph de Paris changé marécage mal famé et criblé de mines, les monuments célèbres dévorés par une végétation sauvage, la ville dans la ville qu'est cet « enfer » où se regroupent toutes les personnes défigurées suite à des expériences de chirurgie esthétique plus ou moins heureuses... L'ambiance que crée ces décors reste inimitable.
Au niveau de l'intrigue, rien à redire, je ne me souviens pas m'être ennuyée une seule page, d'autant moins que le style est très vivant.
Mais surtout, il y a ce héros un peu particulier. Chet est bisexuel et transgenre, un côté artiste et un côté Gavroche, le ton bourré d'autodérision mais la situation personnelle bouleversante. Ses émotions nous touchent, j'avouerais même avoir laissé échapper des larmes, et s'il y a une chose que je regrette, c'est que la situation n'ait pas pris une tournure plus clémente à une ou deux reprises au fil de l'histoire...
Pour ceux qui connaissent les autres romans d'Estelle Faye, celui-ci est à mon avis le meilleur, des personnages bien plus attachants que dans Porcelaine, un ensemble infiniment plus original que la Voie des Oracles – qui pourtant valent eux aussi la peine d'être découverts !