Poursuivant son exploration des journaux intimes et des correspondances de personnes impliquées au premier plan, Erik Larson nous plonge de nouveau dans le feu de l'action. Après l'excellent Dans le jardin de la bête qui nous éclaire beaucoup sur les premiers mois du régime nazi, l'auteur nous emmène en 1860 lors de l'élection présidentielle des Etats-Unis d'Amérique.
La jeune république est alors à couteaux tirés entre les états du Sud et ceux du Nord, entre les esclavagistes et les abolitionnistes, entre ceux qui désirent la guerre et les pacifistes. Les esprits sont échauffés et les armes partout.
C'est alors qu'un républicain est élu Président des Etats-Unis. En ce temps là, le Grand Old Party (GOP) est composé d'unionistes fervents et d'abolitionnistes convaincus. Pourtant Lincoln n'est pas un farouche défenseur de l'abolition. Il n'appelle même pas à la fin de cette "tradition" dans les états du Sud. Il souhaite seulement garantir sa fin dans les états du Nord. Il ne s'oppose même pas aux lois qui attendent des états du Nord de renvoyer les esclaves en fuite dans les pays du Sud chez leurs propriétaires "légitimes".
Un vrai modéré, en somme. Mais cette victoire sera vécue comme un affront par les partisans sudistes. C'est ainsi que commence complots et manœuvres pour empêcher que son élection théorique ne devienne réalité. Et c'est la certification des résultats au Congrès qu'il faut viser. Cela commence à vous rappeler quelque chose ? Bien, c'est le but. D'ailleurs Erik Larson ne s'en cache pas.
A travers les journaux intimes et lettres de plusieurs caractères singuliers de part et d'autre de la République, l'auteur nous dessine des individus des plus belliqueux aux plus honorables. Ce qui peut aboutir à des situations un peu coquasse où deux officiers adversaires se traitent avec le respect de la chevalerie tandis que la moitié du pays se bat pour continuer à esclavagiser des populations qui n'ont pas voix aux chapitres.
Les débuts de la Guerre de Sécession, racontés par ceux qui l'ont voulu et ceux qui la craignaient. Assurément, cela vaut un roman de 715 pages.