Roman trop long sur la grossesse, de la conception à l'accouchement, d'une narratrice en plein délire bovin et dont la folie contamine sa vision des choses et le texte (les chapitres dédiés à ses séances chez le psychiatre sont incompréhensibles, débordants de « meuh » et passant sans cesse du veau au bœuf). S'il y a de l'idée, — l'autrice essaye quelque chose, une espèce de meuglement sur la condition de la femme, — l'ensemble est vite fatigant ; il est en fait difficile de s'attacher à ce personnage, d'abord présenté comme une intellectuelle émancipée, pourtant déséquilibrée, en proie à une névrose certainement causée par cet avortement vécu auparavant et qu'elle mentionne à plusieurs reprises sans jamais le rendre directement responsable de son état. Le lecteur finit simplement par plaindre le mari, pauvre « Taurino » subissant perpétuellement le trouble animal de sa compagne.