Ce roman de Christophe Siébert se déroule dans la cité fictive de Mertvecgorod, une métropole devenue capitale d'une petite république (fictive elle aussi) issue de l'effondrement de l'U.R.S.S. et qui sert de cadres à plusieurs autres textes de Siébert.
Je ne les ai personnellement pas lu, ce texte constituant mon premier contact avec cet auteur.
Le récit s'attarde sur un groupe de cinq adolescent.es, vivants dans le quartier le plus miséreux de la cité. Tou.te.s sont des marginaux, plus ou moins adeptes des drogues (dures ou non), des milieux artistiques underground, et complètement conscient.es de vivre dans un pays corrompu jusqu'à l'os, avec peu de perspectives d'avenir réjouissantes.
Leur quotidien va se retrouver bouleverser suite au meurtre sauvage et brutal de Valentina, une femme trans devenue figure iconique de leur quartier. Pour honorer la mémoire de Valentina, iels vont tout faire pour organiser une fête à nulle autre pareille dans le quartier, tout en cherchant à ce que justice soit rendue.
Le texte, vous l'aurez compris, est noir, désespéré et désespérant, et l'écriture s'en ressent, car elle se met au diapason.
Entendons-nous bien, je ne dis pas ici que c'est mal écrit, bien au contraire. Le style est juste incisif, dur, radical, rendant manifeste ce désespoir, la dégueulasserie de cette vi(ll)e.
Le texte est donc aussi très dur à lire, en ce sens qu'il offre plusieurs scènes assez gores / malsaines, certes adaptées à l'ambiance que Siébert veut donner à sa ville, rendant de ce fait la lecture de ce roman éprouvante.
Un roman intéressant, réussi dans son genre, mais à réserver à un public averti, au cœur bien accroché.